Archives de septembre, 2011

Solidarité active pour Luciano Tortuga, Chili

Posted in Appel, Reportages with tags , , , , on 2011/09/23 by anabraxas

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Pour que les actions se répandent

C’est tristement par un 1er juillet 2011 qu’un terrible accident a taché de sang une nouvelle date du calendrier. Par cette froide aurore, Luciano Pitronello, dit «Tortue», agé de 22 ans, est pris par le choc terrible d’une bombe artisanale placée dans une banque. Le camarade Tortue avance, blessé et terrassé, alors que les caméras de sécurité enregistrent ces minutes cruciales. Le feu dévore ses vêtements alors que la souffrance le désoriente dans sa démarche.

La presse arrive sur les lieux presque immédiatement. Comme lesbons mercenaires qu’ils sont, ils pointent leurs caméras avec soif morbide pour heurter encore plus Tortue et ses proches.

C’est de cette façon que notre camarade est filmé: blessé et nu, couvert de poudre à canon et criant de douleur. Ces images seront répétées continuellement comme la meilleur pub sur la misère que représente le capital et sa culture d’arrogance…

“Un camarade est blessé et dans les mains de la police, raison de plus pour le supporter et montrer notre solidarité”….

Tortue est alors transféré dans un hôpital, où il se fera amputer sa main droite et trois doigts de sa main gauche. Ses yeux sont sérieusement endommagés et il est seulement capable de distinguer des formes. Son ouïe a aussi été endommagée, et des dizaines d’images médicales ont été prises de sa peau.

Il est gravement blessé et sa condition est sérieuse. Malgré cela, il persiste à aller de l’avant, à pousser son corps hormis la situation complexe à laquelle il fait face, autant au niveau de sa santé que des conséquences juridiques.

Presque 4 mois après l’accident de Tortue, le camarade a quitté la clinique où il fut retenu, et transféré à la maison de sa mère, où il demeure sous surveillance de la police et de sa famille.

Malheureusement, au cours des derniers mois, non seulement sa famille nucléaire a collaboré avec les organes policiers en leur donnant des noms de son cercle d’amis, mais ils ont aussi publiquement discrédité les idées et la façon de vivre de notre camarade.

Ce fait lamentable nous rappelle d’autres expériences, où même des frères ou amant-es ont décidé de collaborer avec la police, soit par peur ou par incitatifs économiques.

Très différent de l’attitude combattive et supportive que d’autres parents et famillies ont montré, en descendant dans la rue durant plusieurs années, demandant la liberté de leur proche et pour sauver leur nom de la chute.

Le respect des idées et décisions de leurs fils et filles est essentiel pour ceux qui ne deviennent pas les collaborateurs de leurs ennemis.

L’amante de Tortue, avec qui il a eu une fille de 3 ans, l’a au moins soutenu, mais a aussi été la cible de la vindication de la presse et de la Justice. Sa maison a été prise d’assaut et sa vie personelle médiatisée, comme tentatives de lui briser le moral.

Face-à-face avec l’Ennemi

Ce 22 septembre, le camarade Tortue devra faire face à des accusations devant des juges de la Cour Chilienne. Aujourd’hui le Capital, l’État Chilien et ses pouvoirs, va s’abattre avec vengeance sur le camarade. Une revanche qui a méticuleusement été orchestrée et préparée, pour que chaque détail le frappe avec précision.

Le camarade Luciano, encore en convalescence pour ses blessures et portant une combinaison spéciale pour brûlures sévères, devra apparaître face à une salle pleine à craquer de juges, d’avocats et de gendarmes, mais aussi de journalistes mercenaires, qui sans aucun doute vont photographier chacune de ses plaies et filmer chaque geste difficile du camarade.

Malgré cela, la vengeance qu’il recevra est composée de deux facteurs, un entièrement judiciaire, car le camarade fait face à la cour représentant les bourgeois et leur ordre social démocratique. Une cour qui n’hésitera pas une seconde à le sentencer à une longue peine dans un de ces centres d’extermination modernes. Pour passer un signal clair à tous ceux qui décident d’aller au-delà de la routine de l’assujetissement citoyen et la paix funeste imposée par la normalité.

Mais un second aspect non moins important de cette revence orchestée contre Luciano a à voir avec le niveau d’exposition aux médias.

Ce spectacle morbide qu’ils vont ériger dans cette salle de la cour a comme fin de détruire un camarade, de le faire s’effondrer politiquement et psychiquement, d’attaquer sa morale et l’anéantir. C’est aussi pour frapper ceux et celles qui sont propres de lui, l’aiment et le supportent.

Le pouvoir n’y va pas de main morte pour tourner la vie de notre camarade Tortue en un autre exemple de punition, pour inciter la peur et la stagnation dans tous les foyers de la dissidence du théâtre de la démocratie.

En punissant Tortue, ils vont tenter de punier tous ceux qui refusent de gober l’histoire du pacte social; c’est qu’il y a déjà des groupes, anarchistes, qui prennent sur leur dos une offensive ouverte contre l’État capitaliste, avec ses symboles et ses formes organisationnelles, tout comme tous les groupes et individus étudiants-es qui par des moyens insurrectionnels prennent la rue et y laissent leur sueur et leur sang, après de longues journées de confrontations avec la police.

Toutes ces circonstances vécues ici, récemment, sur ce bout de terre nommé «Chili», constitue un scénario de plus pour la guerre sociale comme dans diverses autres parties du globe.

Le débordement des manifestations citoyennes d’incontrôlables, encore une fois, surpasse dans les gestes et les mots le contrôle social désiré et le sens de l’ordinaire qui est instauré à travers les moyens des masses.

C’est à travers cette même voie de lutte et d’action, de pesistence et de courage, que Tortue a pris les mots et les rêves, les a tournés en armes, attaquant malgré les conséquences que nous connaissons tous maintenant.

L’État/le Capital à travers ces institutions légales/médiatiques/politiques tentent d’établir son autorité inquestionnable. Diffamation publique, répression, prison et balles seront parmi les armes diverses qu’ils utiliseront dans le but de briser la volonté et les actions de ces irréductibles qui ne cherchent pas le dialogue parce qu’ils ont les deux pieds dans une guerre contre toute autorité.

En ce sens, la peur, la paralysie, la passivité ou le silence concernant la situation que fait face Luciano veut dire de se donner à l’ennemi, car notre résignation face à ce qui arrive avec ce camarade donnera une victoire au pouvoir et à ses mécanismes de contrôle.

Le rôle des journalistes-flics dans ce conflit

L’État, éhonté par le manque de résultats concrets dans sa charge contre les gens qui ont mené des attaques explosives, en est à élaborer des théories ridicules, qu’ils essaient de supporter avec la stupidité policière, les médias de masse et l’indifférence massive.

Il est lamentable que l’accident de la Tortue leur fournit la parfaite occasion pour créer un appareil immense dans le style du vieux cirque Romain pour appliquer ses lois. Dans ce processus de lynchage public pas seulement la police et les juges s’y sont plongé, mais aussi les grands médias de masse, qui y jouent un rôle fondamental, en tant que collabos, complices et tribune centrale des relations de pouvoir. Non seulement ils travaillent ouvertement avec la police, mais en plus ils ne lésinent pas aux efforts d’exhiber publiquement les corps des camarades dans les cellules, montrant leurs plaies ou leurs cadavres.

Ils ont exhibé notre frère Mauricio Morales, montrant son corps mort, causant beaucoup de peine à se proches et ses camarades. Ils ont fabriqué une soi-disant interview avec des faux camarades de Mauri, seulement impatients de le discréditer, et a systématiquement attaqué son entourage. Ils se sont auto-validés avec des articles de nouvelle infâmes, tout ce jeu répressif de l’affaire des bombes.

L’insulte que nous ont fait les journalistes ne peut être oubliée, ça ne peut être banalisé et naïvement conclu que ce ne furent que les excès de personnes précises. Ils ont porté atteinte à notre dignité et à la vie privée de nos frères, et cette humiliation doit être retournée en leur direction, coup après coup, jusqu’à ce qu’ils reculent.

C’est le travail de la presse, de plus en plus déterminée dans le combat direct contre ceux qui passent à l’offensive, qui a généré des stéréotypes grossiers sur ceux qui se battent. Leurs articles fomentent la paranoïa et la démonisation en utilisant des concepts comme «vandales», «sans esprit» et «violents» pour ne mentionner que quelques uns.

De nos jours ils donnent un prix au bon citoyen, décrètent la minute de célébrité aux idiots stupides qui collaborent avec les organismes de contrôle, ou assument des positions réactionnaires en tant qu’informateurs dans les mobilisations étudiantes.

Mais les journalistes de terrain n’arrêtent pas là, ils ont pris un pas de plus dans la persécution, dénonçant rudement et diffamant les camarades de façons incroyables. Ils sont arrivés au point d’où des journalistes comme Max Frick et le F.A.V.P. apparaissent comme des témoins protégés dans l’affaire des bombes. Leurs témoignages, truffés de mensonges et de vindication personnelle, tentent de condamner les camarades dans une des plus grandes fabrications des médias des dernières années. Pour leur déclarations, ces idiots reçoivent la protection et l’argent de l’État… leurs vies deviennent grasses et confortables, alors que nos frères et sœurs sont en cellules solitaires.

Notre réponse: la solidarité

C’est contre ces faits et contre les attaques de la police, que nous rendons clair que la solidarité révolutionnaire, l’internationalisme et la mémoire active sont des éléments essentiels et indissolvables dans tout le processus de lutte.

Aux camarades qui sont dans la ligne de feu, au front, encaissant les coups du pouvoir, nous, de cette petit geste pas écrit, crions de toutes nos trippes: solidarité, mémoire et action!!!

Tous ceux et celles faisant face directement au Capitalisme sont nos frères et soeurs, et nous crions de nos larmes pour ceux qui ne sont plus avec nous physiquement. Nous ne les avons pas oublié, nous sommes tous avec vous de toutes les manières possibles, toujours présents, éternellement présents.

Ceci est le moment où le slogan «personne n’est seule dans la guerre sociale» doit acquérir une signification practique particulière. Cela dépends de nous, certainement, et sur notre réelle volonté de réaliser cet effort collectif de solidarité.

Toutes actions sont extrêmement valables et urgentes: lettres, pamphlets, discussion, agitation, bombes et incendies… tous nourrissent l’esprit indomptable de nos camarades.

Pour cette raison l’appel est pour s’organiser solidairement ce 22 septembre.

C’est pour que notre frère et camarade sente, par tous types de gestes, que les guerriers de partout sur le globe partagent ce dur procès avec lui. Car le combat pour la liberté en est un qui se passe en-dedans, comme dehors. L’oubli et le silence sont ce qui caractérisent les traîtres.
Débattez, faites circuler, attaquer, pas un seul pas en arrière face à l’ennemi!

Feu, et encore plus de feu au Capitalisme, leurs défenseurs et leurs faux critiques.

Des voeux fraternels et un support total pour camarade Luciano en ces moments difficiles et ceux qui pourraient l’attendre.

Esprit rebelles ne sont pas satisfaits d’être affectés par ce qui arrive à Luciano… des mots aux actes, les actions nous feront des frères, peu importe comment la nuit paraît sombre.

Solidarité active, avec les camarades du Chili, de la Grèce, de la Suisse, du Mexique, des USAs et tous les complices de la révolte des quatre coins du monde. Liberté pour tous les prisonniers politiques! Feu aux prisons, et que les rebelles s’envolent!

Prenons la rue pour les jeunes assassinés durant les manifestations étudiantes: Manuel Gutierrez et Mario Parraguéz. Nous ne voulons pas de la justice bourgeoise, nous cherchons l’exécution révolutionnaire!

En mémoire de notre chère camarade Claudia Lopez, jeune anarchiste assassinée par la police le 11 septembre 1998, dans la région de La Pincoya.

– Septembre noir de 2011

(Traduit par Anabraxas)

Source

Manif d’appui pour Luciano à l’embassade du Chili de Londres

Actions de solidarité en Bolivie

Graffitis de solidarité à Thèbes, Grèce
Proposal from the Fire Cells Conspiracy… to ALL anarchist prisoners.

For the spreading of action – solidarity with Luciano Tortuga

Posted in Appel, Reportages with tags , , , , , on 2011/09/21 by anabraxas

Sadly, on June 1, of 2011, a terrible accident stains a new date in the calendar with blood. That cold dawn comrade Luciano Pitronello, Turtle, (22 years) takes the terrible blast of the shockwave of a homemade bomb placed in a bank. The comrade Turtle advances wounded and in shock, while the security cameras record those crucial minutes. The fire devours his clothes while his steps are disoriented by the pain.

The press arrives at the spot almost immediately. Like the good mercenaries that they are, they point their cameras with morbid intention to hurt the feelings of Turtle and his dear ones.

This is the way that the comrade is filmed : wounded and naked, covered in gunpowder and screaming in pain. These images will be repeated continuously as the best advertisement of the misery that represents capital and its culture of arrogance…

From the FAI in Bolivia

Face-to-face with the ennemy

Power yearns to turn the life of our comrade Turtle into the example of punishment, to instill fear and stagnation into all the dissident sectors of the democratic theatre.

By punishing Turtle, they will try to punish all those who refuse to swallow the story of the social pact; there are already groups, anarchists, who are taking upon themselves an open offensive against capital state/, with its symbols and organizational forms, like also all the groups and individual students that in insurrectional ways are taking to the streets and leaving in them the sweat and the blood, after long days of confrontations with the police.

All of the context lived recently on that piece of land named Chile, constitutes one more of the scenarios of the social war like in various parts of the “globe”.

The overflowing of the “citizen protests ” of the uncontrollables, once again surpasses with deeds and words the desired social control and sense of normality that is installed through mass means.

It is in this same path of struggle and action, of persistence and courage, that Turtle took words and dreams, turning them into arms, attacking in spite of the possible consequences that we all know.

The State/Capital through its legal/mediatic/policial institutions is trying to establish its authority unquestioned. Public defamation, repression, jail and bullets will be some of the varied weapons that they will use with in the object of breaking the will and the actions of the irreducible ones that do not look for dialogue, because they are consumed in war against all authority.

In that sense fear, paralysis, passivity or silence concerning the situation that faces Luciano means to hand oneself over to the enemy. Our resignation against what happens with the comrade will give a victory to power and its control mechanisms.

The role of the journalists/police in the conflict.

The State, shamed by the lack of concrete results to give the people charged with the explosive attacks, is elaborating ridiculous theories, that they are trying to sustain with police stupidity, mass media and massive indifference.
Lamentably, Turtle’s accident grants them the perfect occasion to create an immense apparatus in the style of the old Roman circus to apply its laws.

In this process of public lynching not only police and judges have become jumbled, but the great mass media, who play a fundamental roll. Contributors, accomplices, collaborators and central place in the power relationships.

Not only do they work openly with the police, in addition they do not scrimp in efforts to publicly and morbidly exhibit the bodies of the comrades in the prisoners’ dock, exhibit their wounds or their dead bodies.

They exhibited our brother Mauri, showing his dead body, causing deep pain to his dear ones and comrades. They invented a supposed interview to false comrades of Mauri, eager only to discredit him and systematically attacked his surroundings of affection and commitment. They validated with infamous news articles, all the repressive game of the bomb case.

The insult that we have received from the journalists cannot be forgotten, it cannot be standardized and ingenuously believed that they are just the excesses of precise people. They have attacked, they have harmed our dignity and the privacy of our brothers and that humiliation must be returned, blow by blow, until they back down.

It is the work of the press, more and more committed in the direct fight against those who take up the offensive, that has generated gross stereotypes of those who fight. Their news articles instill paranoia and demonisation, generating concepts like “ vandals ”, “ soulless ” and “ violent ”, to mention a few.

September 19th solidarity against the main offices of Agrosuper food processor in Santiago (article in spanish) More interesting infos on Agrosuper corp

In these days they give a prize to the good citizen, decree the minute of fame, for the stupid idiot ones that collaborate with the control organisms, or assume reactionary positions as informers in the student mobilizations.

But the footmen journalists have not stopped there, they took a further step in persecuting, coarsely denouncing and defamating the comrades in incredible ways. They have arrived at the point from which journalists like Max Frick and F.A.V.P. appear as protected witnesses in the Bomb case.

Their testimonies, plagued with lies and personal revenge, are trying to condemn the comrades in one of the most media orchestrated cases of recent times. For their declarations these two idiots receive protection and money from the State… their lives get fat and comfortable, while our brothers undergo confinement.

Our answer: solidarity

It is against these facts and against the police attack, that we must make clear that revolutionary solidarity, internationalism and active memory are substantial and indissoluble elements in all the process of struggle.
To the comrades who are in the front firing line receiving the blows of the power, we, from this small written gesture, shout with all our lungs: solidarity, memory and action!!!

All those directly facing Capitalism are our brothers, and we shout tears for those no longer physically with us. We have not forgotten them, we are all with you and in all the possible ways, always present, eternally present.

This is the moment in which the slogan “nobody is alone in the social war”, must acquire a special practical meaning. It depends on us, certainly, and on our real will to realise the common effort of solidarity.

All actions are extremely valuable and urgent: letters, pamphlets, discussion, agitation, bombs and fire, are feeding the indomitable spirit of our comrades.

For that reason the call is to organize solidarity this September 22. We must make our brother and comrade feel by means of all type of gestures, that the fighters of all parts of the globe are sharing this hard trial with him. Because the fight for freedom is one, inside and outside. Forgetfulness and silence… are characteristic only of traitors.

Debate, spread, attack, not one step back in front of the enemy.

Fire and more fire for Capitalism, their defenders and their false critics.

A fraternal greeting and total support to comrade Luciano at this difficult moment and those that may come.
Rebel spirits: they are not satisfied with being affected by what happens to Luciano… from words to acts, the actions will make us brothers, no matters how dark the night appears.

Active solidarity, with the comrades in Chile, Greece, Switzerland, Mexico, the USA and all the accomplices of the revolt in each corner of the world.

Freedom to all political prisoners! Fire to the jail, flight to the rebels!

To the streets for the young people assassinated during the student protests: Manuel Gutierrez and Mario Parraguéz, we do not want bourgeois justice, we look for revolutionary execution …..

In memory of our dear comrade Claudia Lopez, young anarchist assassinated by the police on September 11, 1998 in area of La Pincoya.

Black September of 2011.

Read full text here

The new normal: urban « living », after a decade of State terror

Posted in Réflexions, Reportages with tags , , , , on 2011/09/11 by anabraxas

(Text published in the aftermath of last month’s riots in London)

We are in the phase of the new normal. Scarcely a week after widespread rioting, it’s easy to become overfed on opinion or anecdote, on the careful attempts to position the riots as the consequence of this-or-that policy, or social ill, or as ways – perhaps the only way left – of lodging grievance. Above all, however, the news-cycles veer back towards their standard groove, having wobbled inadequately in attempting to comprehend an event unmediated by press releases and PR statements, substituting for any understanding of those on the streets a vaguely ludicrous selection of ‘community leaders’, MPs and concerned white people. (The pressure of the 24 hour news cycle being what it is, unfortunate ruptures do occur, never to be replayed.)

While you ask yourself if you’ve ever met a ‘community leader’, and precisely how one attains so vaunted a position, our cameras refocus on the overstuffed prime minister rehearsing the public order playbook with all the moral conviction of a moldering fish; her majesty’s loyal opposition, in the meantime, twitches its adenoidal clichés, offering almost indistinguishable frowns and grimaces, softened only by the light drag of an election-conscious social concern. Second time as farce, perhaps, were it not for the sobering reality that a caffeine-crazed judiciary, gavel-bashing through the small hours, is belching out sentences so bleak and repressive as to make Draco of Athens unquiet in his grave. Swear at a police officer? TEN WEEKS! Take some bottled water? SIX MONTHS! Post on Facebook? FOUR YEARS!

The less gutsy of dystopian novelists might pause at this point, wondering if so precipitous a descent might stretch even the preternaturally elastic credulity of devotees of their genre; might pause, too, to wonder, was this really imaginable two weeks ago? A month? This is the paradox-ridden condition of the new normal: a widespread form of reality management continually suggesting that things remain exactly as they were a month ago, while also presenting a new state of alarm, of emergency or of diffuse anxiety which remains alongside and persists with the ‘normal’, thus apparently justifying the slowly-choking grip of the judiciary or the revanchist moralism of the government.

Imaginable? Maybe. The people currently being conveyor-belted into the cells are being convicted by virtue not of their actions, but because of the geographical context of those actions, making them effectively responsible for everything happening around them by a twist of legal logic so arcane as to be faintly ridiculous. But predictable: an extension of the legal manoeuvres that saw students sent to jail for throwing a couple of sticks in the presence of other people. Partly predictable, perhaps, but reaching increasingly deranged, grotesque proportions. Less predictable, perhaps, was the zombie revenant of Enoch Powell, marching again across the TV screen; the legion of half-closeted half-fascists taking the opportunity to wring their hands about Starkey’s confrontational approach and then ooze that, well, some of the issues he raises…

The new normal: wherein you can have the glass and dazzle of the Olympics, but be wary that their tin smiles and hollow luxury are now so precarious that their only guarantor is an ever more frenzied and powerful state; wherein the condition of even a tense and sickly order is a collective amnesia about police murder; wherein temporary events like riots are used to underwrite ever more permanent powers, like curfew, or arbitrary detention, or the broadening of stop-and-search. Here, in the phase of its anxious establishment as the new normal its authoritarian contours are obvious, terrifying to us, each day pummeling us with new messages about natural criminality, about dangerous forms of collectivity, with police bristling out of every corner, and unconcealed, gloating revenge plastered on the front pages of every newspaper: what happens when we stop noticing?

Looked at one way, cities are huge systems of redundancies, vastly parallel systems which route around any minor annoyance or trivial blockage; this is especially true in London, where there is always an elsewhere. This is visible most obviously in moments of popular unrest, where three streets away from lines of armoured police batoning dissenters, chain stores go about their business undisturbed; it accounts for the momentary nausea of stepping from a brutal situation into a street in which commerce continues mostly unabated and undisturbed; likewise, it is the reason for the broad, straight avenues and boulevards which allow for the easy roll-out of force around political centres. It accounts, too, for the immediate responses of MPs and local officials, which is to suggest that the very worst of the trouble in an area is usually the responsibility of organised or criminal elements from elsewhere, and certainly not those without a voice or any other recourse within their own area. One thing the widespread, city-wide rioting last Monday did was to torpedo that excuse: there wasn’t really any elsewhere left for them to come from.

But there are other maps of cities, too. There is the inconvenient map that plots deprivation indices over the rioting flashpoints, for instance. That alone doesn’t account for the unrest. One might also wonder how the collective memory of police murder and unaccountability maps over the unrest, what plotting instances of deaths in police custody might look like, for instance. But that too is not quite an explanation. Owen Hatherley has pointed out very clearly that there is an urban geography at work in London that, looked at with clear eyes, is an untethered, insane way to organise a city. Such geographies don’t exist simply on the page, but structure the way that people live in cities, the areas that they don’t look at, or avoid, or which simply unhappen for them. Nowhere was this more obvious than on Sky News on the evening of rioting in Clapham, where a prosperous, middle-class white man, baffled, simply mouthed at the camera that it was a nice area to live in, unaware of where deprivation or poverty could be found locally, presumably blind to the estates and high-rises at the end of his road.

Clapham is a case in point: an area much-gentrified, and indeed now quite swish, without having wiped away the less prosperous families who once lived there; the same process of gentrification is in place, though variously less advanced, in many of the areas that erupted in the secondary waves of riots. From Clapham, too, the morning after, came the endless photos of the smug, homogeneous army of well-meaning morons with brooms, providing endless fodder for a panoply of reactionary articles about the stiff upper lip, mucking-in, and, worst of all, the ‘Blitz spirit’. (Presumably a tacit admission that this is a war situation; a war in which, if you find yourself suddenly with Boris, Dave and their host of ex-Bullingdon mates, you might wonder if you’re on the right side.) The other side to this is not to argue that burnt-out buildings and broken shop-fronts are a pleasant sight, but instead to ask questions about what compelled people to travel to Clapham, in particular? What is it about an almost-exclusively white class of conscientious liberal activists that impels them to de dismayed by the sight of broken and looted businesses, and act on that above all else; what is it about the way their urban life is structured that they may live briefly and transiently in one-or-another area of a city for perhaps a year or two at a time, thus having to construct a deliberate, symbolic cleanup operation online?

That aside, there are other flows at work in a city, some more telling here. As some of us pointed out on a radio show shortly after the riots, much of the looting took place in retail parks, some of the most unpleasant extrusions on inner-city environments, because they are very rarely intended for anyone who lives there. They are large sheds containing luxury goods (often unaffordable to many in the local area), laid out around a vast car park: that is, they are destinations to which people drive, rather than walk, they are conduits of capital that simply escapes from the area in which it is exchanged. Sometimes they may provide a few jobs to people in the area, but even then, there’s little guarantee of local employment, and people often travel to them to work. Money flows through, but does not stay in, the area it’s expended.

One of the most telling ways to map a city, then, is in terms of capital flow. The great pioneer of radical cartographic analyses like this was Bill Bunge, whose maps of Detroit demonstrate how clearly maps are not simply neutral descriptors, but, depending on what they map, and how they chart, can become clear exposés and indictments of the secret and hidden movements of a city:

What might mapping London like this reveal? In a sense, it’s salutary that Bunge’s great cartographic project was Detroit: a city collapsing in on itself after the decline of its great industrial heritage. London is not Detroit: its historical and economic conditions are different. But it is a city whose urban geography is rapidly changing, having been loosed from the physical and geographical prerequisites of its past: the decline of the docks, and the vanishing of light industry, mean that the Rotherhithe where my grandfather found his first job looks very different today compared with the 1930s, overlaid with regeneration and new conversions, but without wiping away the different social and economic strata that preceded it. It is often the proud delusion of writers who live in London that it will decay from the top down, that it will burn in some kind of conflagration, but more unsettling, perhaps unnoticed, it might just be that we are drowning.

This may seem far from the riots we saw erupting in London, but the truth is that to speak about ‘causes’ of riots is only ever to speak about proximate causes. The shooting of Mark Duggan was a cause, but a proximate one: hundreds of the young people on those streets have dozens of stories each about police intimidation, power-tripping and injustice; unemployment, the cuts, the ever more abundant hypocrisy from the wealthy and privileged, causes, yes, but proximate ones. There were thousands of different, small causes, many from the same sources, but many from others. It is facile and crass in the extreme to draw comparisons between the ‘real’ looters, who get away with a slap on the wrist, even if it is true – because it is at best a slow-moving mimic of an explanation. Throwing a banker into jail alleviates no problem at all.

There is a deep conflict that has been visible in the riots over who the city belongs to, what people are entitled to do with it. It’s hard for me not to be reminded, by the raft of powers, harsh sentences and lust for punishment, of the punitive legislation of the 18th century. Many commentators have dilated upon the 1714 Riot Act and its establishment of offences against the King’s Peace, passed a few years after the religiously-motivated Sacehverell riots.

Perhaps more interesting in these times is the ‘Black Act’ that followed it in 1723 (9 George I c.22), which created fifty new capital offences – becoming two hundred, when stretched. The law imposed a sentence of death for innumerable ‘offences’, such as poaching deer and fish, cutting down young trees, appearing hooded or with face blackened in any forest or chase, especially the king’s forests and many more. It was named after the Waltham Blacks, poachers with blackened and covered face. Central to the conflict was, in large part, an attempt by the Whiggish ascendancy to take more money out of the forests, and a conflict between the habitual users of the common, or wild spaces of the forest, and those who sought to render, by force of law, wild animals private game. The capital powers afforded by the Black Act were, through expansive legal interpretation, equally aggressively used to repress dissenting opinion, or exact retribution for damage to private property. Are we in an analogous situation today? After all, there’s very little in the way of ‘the common’ left in spatial, economic or geographical terms, but we are certainly seeing the eruptions of a conflict over who has the right to be in and use the city, and the political disjunctions that arise from that question, the legal crackdowns that follow such ‘emergencies’, suggest looking sharply at the brutality of the past to see where we’re heading now.

Source: libcom

La ALF coupe les clôtures d’une ferme d’élans

Posted in Actions, Appel, Reportages with tags , , , , , on 2011/09/08 by anabraxas

(Original English version:  Elk Farm Fences Cut)

Communiqué de la ALF pour leur libération d’élans, en Oregon:

« La nuit du 29 Août, une petite bande de libérateurs d’animaux s’est faufilée silencieusement sur

la propriété de Damascus Elk Farm, située au 23255 SE Highway 212 à Clackamas, Oregon. Cette ferme élève des douzaines d’élans « Roosevelt » en vue de leur massacre pour le commerce. Une fois rendus aux enclos retenant les élans captifs, des ciseaux à fer furent utilisés pour découper avec succès le grillage d’un enclos.

Malheureusement, dû à un contretemps nous avons écourté notre attaque, laissant derrière les autres enclos que nous voulions démanteler. Le nombre total d’animaux à s’être évadé est inconnu, mais l’intention de notre action doit être clairement comprise : pour directement prévenir contre la violence inhérente à l’élevage animal et pour libérer des animaux conscients vers leur habitat naturel.

À travers le pays il y a des milliers de cerfs retenus captifs sur des fermes d’élevage, attendant d’être remis en liberté dans la nature. Ces actes de libération comportent généralement peu de risque et sont susceptibles de sauver la vie d’animaux, alors que les fermes de cervidés ont peu ou pas de mesures de sécurité et la petite taille de cette industrie rend ces fermes particulièrement vulnérables au sabotage.

Avec cette action nous avons tenté de retirer la seule barrière entre ces créatures et la possibilité d’une nouvelle vie pour eux dans la liberté. Chaînon après chaînon, ces barrières seront démantelées dans notre société pour créer une nouvelle éthique de liberté et de responsabilité. Assistez-nous dans cette lutte pour la libération, ou bien vous demeurerez dans le côté obscur de l’Histoire.

Pour tous ceux-celles emprisonné-es.

– Animal Liberation Front »

Un chantier de construction forcé à la fermeture par un incendie

Posted in Actions, Reportages with tags , , , , , on 2011/09/01 by anabraxas

La civilization dans toute sa splendeur.

Un chantier a été fermé, mardi matin, sur la 7e Rue, dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou à Québec.

Des employés qui travaillaient à la décontamination d’un terrain ont appelé les pompiers pour se plaindre d’une forte odeur d’essence.

Selon des témoins, dont Mario Marchand, mécanicien au garage voisin, il y a eu une déflagration. Il affirme que des flammes ont jailli durant quelques secondes avant de s’éteindre.

Personne n’a été blessé.

Des voisins mécontents

Des voisins se plaignent par ailleurs de ce chantier qui, selon eux, cause des dommages à leurs bâtiments. Après plusieurs semaines de fortes vibrations, des fissures sont apparues, affirme Paul-André Perron, propriétaire du Centre mécanique P.A.P.situé à proximité du chantier. « Hier soir, mon mécano m’a appelé en catastrophe parce que la porte ne fermait plus. […] Le plancher s’affaisse », relate M. Perron.

Le chantier sera fermé jusqu’à ce que la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) obtienne un plan approuvé par un expert, afin de s’assurer de la poursuite sécuritaire des travaux de décontamination du terrain où un édifice à logements doit être construit.

Source: Radio Cadenas