Archive pour avril, 2011

In support to South Fraser Protection Camp

Posted in Actions, Appel, Reportages on 2011/04/28 by anabraxas

By Stop the Pave; April 24, 2011 – Vancouver Media Co-op
http://vancouver.mediacoop.ca/newsrelease/7047

(rebuilding life on civilization's path of destruction)

A bulletin from http://stopthepave.org

The Wave Against the Pave is rising! The South Fraser Protection Camp has been established. WE NEED YOUR SUPPORT NOW.

The longer we stay, the longer the bulldozers can be stopped, and an education campaign about the real impacts of this project can grow in the surrounding neighborhoods. The political climate is more unstable than ever, and THIS IS NOT A DONE DEAL, so now is the time to stand together for climate justice and for the health of our community.

On Earth Day Friday, around 200 local residents and concerned citizens from far and wide met in Delta to rally against the proposed South Fraser Perimeter Road. We marched to a site on the Fraser that has recently been deforested to make way for the freeway, and established our camp there. The camp is a truly inspiring place. It is located high on a bluff overlooking a historic fishing port, with a spectacular view of surrounding mountains and river. This is a strategic spot to stop this pave. We have planted a number of trees in the middle of the road. There is a free kitchen, a medic tent, hygiene facilities, art-making, a solar-powered media tent, and a real full-sized teepee for meetings.

The story so far

On April 22nd approximately 200 people marched down River Road and established a camp on a construction site for the South Fraser Perimeter Freeway.  Basic defenses have been organized to secure the camp, and since Tuesday morning, when workers were expected to come back for work, the camp has been holding strong. Community members and supporters have been organizing for more than five years to protect homes, ecological and sacred sites from being destroyed by the project. As construction on the road has begun, the resistance to the project has grown, and the South Fraser Protection Camp was established with the understanding that direct action is crucial in the toolkit of successful movements for positive change.

The longer we stay, the longer the bulldozers can be stopped, and an education campaign about the real impacts of this project can grow in the surrounding neighborhoods.

Come for a visit, stay for a short time, or camp for a while. Bring food or supply contributions if you like, but most importantly, just come.

We need your support! Come check out our new digs this Saturday to learn more about the camp, future plans, and the history of this struggle. Give us a hand and help us build a movement that will stop the freeway. Join the Wave Against the Pave!

Contact:
info@stopthepave.org

For more infos:  StopThePave.org

UPDATED PICS ON FLIKR

(more stuff will follow…)

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De Fukushima à Khimki, d’Areva à Vinci, le corporatisme français sévit

Posted in Actions, Reportages on 2011/04/21 by anabraxas

(action directe antifasciste contre le gouvernement russe à Khiki, été 2010)

Khimki ce sont 4000 hectares de forêt que le gouvernement russe et un consortium international prévoyaient de rayer définitivement de la carte : mais la mobilisation des habitants a trouvé un écho dans tout le mouvement progressiste et révolutionnaire, et au moment où les travaux et la destruction de la forêt allait commencer, celle-ci était défendue concrètement par des milliers de personnes venues s’installer sur place.

Au mois de juillet 2010, devant cette résistance populaire massive, des milices fascistes sont envoyées pour liquider physiquement les militants. La violence extrême de l’attaque n’est pas un cas isolé en Russie, ou les groupes fascistes et notamment bonehead ont des connections depuis longtemps établies avec le pouvoir et les patrons, où les émeutes racistes et antisémites se font impunément un peu partout sur le territoire.

Mais les militants et la population de Khimki répondent à cette attaque en amplifiant manifestations et actions: c’est alors que des militants sont emprisonnés, tabassés, et torturés. Mais davant la pression, le pouvoir russe recule au début de l’automne.

Il libère provisoirement les militants emprisonnés et le maire de Moscou arrête le chantier et évoque une « concertation « .

Mais comme nous le disions en septembre 2010  :

En Russie comme en France, la « concertation » et la « suspension » des travaux ne sont jamais que le moment médiatique où les entreprises et les autorités discutent devant les caméras avec quelques représentants auto proclamés des mouvements de masse, pendant que la répression continue pour éradiquer leur contenu offensif.
En novembre 2010les tabassages et tentatives de meurtre régulières contre les acteurs du mouvement de Khimki ont cette fois touché un journaliste Oleg Kachine qui a notamment enquêté sur l’aggression des opposants par le groupe néo-nazi en juillet.
En décembre 2010, le pouvoir russe a annoncé son intention de redémarrer le chantier: en ce même mois de décembre, en effet François Fillon se rendait en voyage en Russie avec une vingtaine de représentants des plus grosses entreprises françaises. Parmi celles-ci, Vinci, le groupe de BTP partie prenante du consortium chargé de la construction de l’autoroute qui va détruire la forêt…

Forêt de Khimki

De toute façon, la décision était déjà évidente pour tous ceux qui habitent la région: en effet début novembre, le maire de Moscou avait annoncé qu’une autre « concertation-expertise » était terminée, celle concernant le projet d’une autoroute géante qui va entourer Moscou , un « périphérique » dont le tracé va se situer à 80 km du centre ville et qui menace l’équivalent de vingt forêts de Khimki.

Ce projet va plonger Moscou dans un smog permanent selon les avis de tous les experts indépendants et ravager pour très longtemps l’écosystème et la vie des habitants.

Khimki n’était qu’un prélude.
Si l’on ne sait pas encore qui vont être les heureux bénéficiaires des juteux contrats qui vont être conclus pour la construction de ce périphérique, il n’est évidemment pas exclu que Vinci en soit acteur.

La multinationale française est en effet un acteur clé en Russie, raison pour laquelle François Fillon avait toutes les chances d’emporter la reprise de la destruction de la forêt de Khimki: le pouvoir russe ne va pas se fâcher avec Vinci, car celle-ci est également et notamment…en charge d’une partie de la soi-disant « décontamination «  de Tchernobyl, avec la pose d’un nouveau sarcophage sur la centrale, travaux entamés en 2007.
Or avec Areva, EDF et le pouvoir russe, Vinci est l’origine d’une étrange association, le CPEN qui se livre en Ukhraine à des opérations de propagande honteuse visant à expliquer que les produits poussant dans la région de Tchernobyl sont depuis longtemps « décontaminés ».
Vinci est en effet depuis longtemps en collaboration avec Areva sur les chantiers du nucléaire mondial: en Angleterre sur les EPR en construction, en Inde ou au Niger.
Et le gouvernement français colporte donc tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre groupe: juste avant le tsunami, l’agenda de François Fillon comportait ainsi une longue visite au Japon, sur une usine de traitement des déchets nucléaires co-pilotée par Areva: à Rokkasho, aussi les habitants ont lutté et manifesté des années durant, et l’usine n’était même pas en marche totale qu’elle présentait déjà de graves anomalies des systèmes de sécurité.
De Khimki à Fukushima, on retrouve donc les mêmes méthodes, les mêmes entreprises, les mêmes gouvernants, et la bourgeoisie française au premier rang de ceux qui détruisent la planète et provoquent des catastrophes meurtrières .
De Khimki à Fukushima, les mêmes politiciens viennent ensuite pleurer sur la soi disant cruauté de la nature et le caractère imprévisible des « cataclysmes naturels »: mais de même que chacun savait qu’un tremblement de terre pouvait se produire à Fukushima, Vinci , François Fillon et ses mais russes savent bien ce que peut entraîner la déforestation massive: des incendies géants et incontrôlables comme ceux survenus il y a deux ans.
A propos de la résistance au nouveau projet d’autoroute autour de Moscou, le premier Ministre Russe a déclaré en novembre , en les traitant de terroristes écologiques «

« En Occident, cela fait longtemps qu’on a su s’occuper de telles protestations. Pour l’instant, nous, nous ne le pouvons pas»

Khimkibattle.org

Source: Redskinheads-de-France.fr

…et ils brûlent encore.

Posted in Actions, Réflexions, Reportages on 2011/04/17 by anabraxas

Condos Projects Under Fire

from The Montreal Gazette

It was a true Montreal moment.

(…)

The fire hit a project that developer Idevco was transforming from an old body shop into a 12-unit condo building. I wrote about that project in 2010, when new condos – priced up to $300,000 – were being started in record numbers.

For sure, the cause of Tuesday’s fire is still unknown. But over the last two year’s it’s been clear that a growing number of these developments – especially in traditionally working class areas like Ahuntsic, Rosemont, and Hochelaga Maisonneuve – seem to be getting hit by arsonists.

A Hochelaga Maisonneuve project hit last year by arsonists left behind the message « brûle condo brûle. » At the time, people in the neighbourhood suspected that the arsonist opposed the gentrification of the area, as developers search for the remaining plots of cheap land in Montreal. With all the focus on development, there’s been little discussion on the impact new condos have had on renters in these areas.

Police have not said that any of these fires are connected.

But it makes me wonder whether today’s fire in Rosemont – followed by another blaze that torched a condo project in Ahuntsic – are the end result of a similar sentiment. (admin comment: « No shit, Sherlock! »)

Incendie suspect dans un projet de condos

tiré de cybercollabos (la Presse en-ligne)
Publié le 07 janvier 2011 à 09h43 | Mis à jour le 07 janvier 2011 à 09h43

Hugo Meunier
La Presse

Un immeuble à condos en construction a été ciblé par un début d’incendie suspect et possiblement criminel, aux aurores vendredi, dans le quartier Rosemont.

Le sinistre s’est déclaré vers 5h dans un bâtiment situé sur la promenade Masson, à l’angle de la 10e avenue. Deux foyers d’incendie auraient été allumés, mais le feu a rapidement été maîtrisé par les pompiers. Les dégâts semblent d’ailleurs mineurs. Durant leur intervention, les pompiers ont sorti à l’extérieur la mousse isolante, qui commençait à prendre feu. La mousse noircie par les flammes forme présentement des monticules en bordure du bâtiment.

Le chantier visé est un projet de construction de 12 condominiums, dont la livraison est prévue en juillet prochain. Les logements sont prévus au deuxième et troisième étage de l’immeuble. Le rez-de-chaussée abritera vraisemblablement une brasserie artisanale. L’édifice avait été ravagé par un incendie en 2008. L’immeuble abritait à l’époque le restaurant Réveil Matin.

Il y a quelques mois, des immeubles à condos en construction du quartier Hochelaga-Maisonneuve avaient été ciblés par des incendiaires. Les autorités n’écartaient pas la piste que ces brasiers aient été allumés par des individus opposés à l’embourgeoisement dans ce secteur populaire de l’est de Montréal. Un graffiti représentant des flammes sur des condos avait même été peint au pochoir au bas de l’affiche résumant le projet immobilier visé.

Aucun graffiti de ce genre n’a été retrouvé près du chantier de la promenade Masson.

En 2009, des dizaines de condos de trois projets immobiliers en construction avaient été réduits en cendres à Montréal. Pyromanie? Vandalisme? Sabotage ? Les policiers tentaient de faire la lumière sur ces incendies et les promoteurs de ces chantiers, interrogés par La Presse, erraient alors en plein brouillard et disaient n’avoir fait l’objet d’aucune menace.

(Et comment faire la lumière quand on en est pas une?)

Fukushima: le tchernobyl du capitalisme… ou encore pire?

Posted in Uncategorized on 2011/04/15 by anabraxas

Tiré de Fukushima : La mort à petites doses prend son temps

avril 1, 2011
par deselectronslibres

Il n’y a pas que l’explosion des enceintes autour des réacteurs qui maintenant nous menace, mais aussi l’instabilité des «piscines à combustibles» qui contiennent plus de 100 tonnes de matériel nucléaire, notamment du MOX hautement toxique. Aujourd’hui ce sont plusieurs réacteurs nucléaires qui ont probablement commencé leur entrée en fusion. Aucune technologie ne peut interrompre ou atténuer sérieusement ce phénomène incontrôlable. La fusion du combustible, à une température proche de 2000°, va se transformer en lave et transpercer la cuve en acier puis traverser les fondations en béton avant de se refroidir un petit peu en profondeur. Ensuite, pendant plusieurs centaines d’années, l’endroit sera la source radioactive la plus active de la planète. De cette activité radioactive livrée à elle-même va se dégager en permanence des éléments radioactifs dans l’air au dessus des réacteurs qui auront fondu.

La forte radioactivité qui se répand dans l’environnement au Japon, entraînée par les vents des hautes altitudes, va inévitablement contaminer toute la planète pour une longue période dont on ne sait pas grand chose. Les particules radioactives vont se diluer dans les masses d’air, puis retomber progressivement. Quand il s’agit de longues périodes de contamination, la dilution ne veut plus dire diminution du risque. Les particules radioactives, bien que diluées dans la masse, ne perdent en aucun cas leur potentiel hautement radioactif, et ceci pour des dizaines, voire des centaines d’années. Le processus nucléaire en cours va durer, et des éléments radioactifs vont se répandre continuellement dans l’environnement, contaminant pour une longue période le monde entier, accumulant, jour après jour, faibles doses sur faibles doses… D’après la CRIIRAD, la pluie tombée du 27 au 28 mars a provoqué un dépôt au sol de 8,5 Bq/m2 d’iode 131. La contamination va se prolonger et probablement augmenter, et dans quinze jours on pourrait atteindre plusieurs centaines de Bq/m2, voire quelques milliers, et avec le temps parvenir à des niveaux comparables à la contamination du nuage de Tchernobyl. Les très faibles niveaux de contamination vont progressivement augmenter et s’additionner aux cours des jours, puis se concentrer dans les végétaux, les légumes, les céréales, et enfin s’accumuler dans les animaux, c’est-à-dire la viande, le lait, les œufs, les poissons… Petit à petit, ce sera toute notre nourriture qui sera quelque peu, mais de plus en plus contaminée.

La centralisation de l’énergie nucléaire aux mains de quelques milliardaires obsédés par le risque et le gain facile ne pouvait que dégénérer. Ces affairistes mafieux empoisonnent la vie des populations jusqu’à menacer les conditions même de leur survie. Les pouvoirs s’accaparent et manipulent les chiffres de la contamination pour protéger les intérêts des actionnaires et des financiers, mais l’imposture se fige dans leur réalité qui ne peut fonctionner qu’en exploitant et dénaturant la vie. Les cancers et les leucémies vont irrémédiablement se répandre et se multiplier. Le massacre de la nature même de la vie ne pourra plus durer très longtemps. Lorsque la barbarie des accapareurs de choses marchandes dissémine un peu partout la mort à petites doses, l’instinct de survie émerge de nulle-part, et la violence de la vie à réinventer ne peut que submerger la violence destructrice d’un monde en perdition.

Source: Les liquidateurs du vieux monde

Le développement: cible de choix pour un avenir meilleur!

Posted in Uncategorized on 2011/04/12 by anabraxas

Un modèle de développement économique en région!

Le Québec, le Canada, l’Amérique continuent d’être des couvertures pour la plus importante opération de colonisation de l’Histoire. Le développement horizontal, ou suburbain, est un des pires fléaux environnementaux, à côté des monocultures, de l’industrie biochimique/nucléaire et de l’industrie de transformation de ressources naturelles, qui sont les seules raisons pourquoi nos colonies se sont développées.

Le besoin continuel d’expansion (de progrès, de croissance), c’est la seule chose qui  permette de faire perdurer l’impérialisme, en sous-entendant que ce “besoin” est principalement celui de la classe qui tire profit de l’empire. C’est pourquoi qu’au-delà de cette nécessité, l’idée du développement manquera toujours de substance, de “raison d’être”. Elle sera alors appuyée par le nationalisme (ou internationalisme), la foi religieuse (ou en l’État), les valeurs conservatrices (ou libérales) et autres crédos abstraits comme la prospérité et l’humanitarisme; afin de donner une rationalité généraliste, inclusive, à une invasion qui n’en a pas. Un grande illusion unificatrice. Qui n’est là, à la base, que pour générer des profits pour les gros parasites, et des dividendes pour les sous-parasites qui s’accrochent à eux. L’accumulation de profit est le moteur de la croissance, et ça, même le plus baratineur des économistes va vous l’admettre. L’accumulation et l’expansion sont deux variables mutuellement dépendantes dans l’industrie capitaliste, de la même manière que l’inspiration et l’expiration pour le sytème cardio-vasculaire.

C’est pour cela que le développement (immobilier, industriel, humanitaire, démocratique-spectaculaire, techno-scientifique) est devenu le chantier de guerre principal au capitalisme, son front le plus sensible, et étrangement le plus vulnérable…

L’expansion (aussi appelée “croissance” ou “progrès”) est sa mécanique centrale. Mécanique qui semble abstraite, mais qui est en fait dépendante de dispositifs bien concrets: ce sont les instruments qui lui permettent de faire sa propre propagande, de s’installer, de formatter le terrain et d’y bâtir ses infrastructures, à d’autre niveaux d’expansion ultérieurs. Ces dispositifs sont multiples, et directement rattachés à une forme quelconque de spécialisation du développement (immobilier, touristique, minier, pétrolier, etc), mais il va de soi que le plus important sont les flux d’échange et d’approvisionnement qui sont les supports inévitables de l’expansion. Les flux sont aussi le résultat des flots de capitaux investis dans les moyens de production, qui servent à en tirer un profit par la suite.

Les flux énergétiques par-dessus tout, même avant les routes, canaux de communication, voies maritimes ou aériennes de toutes sortes. Car pas de circulation de vecteurs d’énergie, comme l’eau, l’électricité et les combustibles, pas de possibilité d’industrie.

Si les chantiers d’extraction de sables bitumineux ou les barrages hydroélectriques peuvent sembler autosuffisants, ils dépendent essentiellement de ressources externes inévitables; la main d’oeuvre, principalement, qui est importée de régions plus développées (sauf pour les autochtones, nous sommes tous-tes ici des “importés-es”).

N’ayant toujours pas été remplacée par des robots (du moins pour les tâches primaires), la main d’oeuvre demeure la ressource essentielle à l’industrie. Et étant donné qu’aucun ouvrier ne puisse se satisfaire dans les containers-maisons ou blocs appartements-prisons à sécurité minimum que les chantiers leur offrent, de nos jours, en guise d’habitat -de très, très mauvaises farces sur leur condition de marchandise humaine- la main-d’oeuvre sentira toujours un besoin croissant d’améliorer ses conditions de vie matérielles, en ayant notamment sa maison de plastique insipide sur un carré de terre formaté, son cinéma-maison, deux voitures et sa-son domestique/progéniteur-trice/partenaire sexuel. Le rêve Américain. Sans parler de tout le spectaculaire qui ajoute l’attrait romantique, idéaliste ou évasionniste dans toute cette sordide mécanique quotidienne, du spectacle-marchandise (cinéma, porno, jeux vidéo) aux drogues dures, en passant par la non-vie virtuelle à deux dimensions que vous regardez présentement.  Surtout dans ce domaine, l’industrie est devenue excessivement efficace. Telle va la mécanique du développement.

Et il est inutile de chercher un centre de l’empire, une ville, un QG ou un parlement à assiéger, pour le faire tomber d’en haut ou bien de l’intérieur. Car le caractère de cet empire, cybernétique, est qu’il N’A PLUS DE CENTRE physique. Sa civilisation a littéralement perdu son coeur, autant sur le plan social, moral que géopolitique. Il dépend d’une multitude de pôles, de plaques tournantes, de condensateurs d’énergie qui permettent la recirculation des capitaux et leur multiplication dans une région donnée. Il dépend aussi, et non moins, d’un processus de maintient et de renforcement des normes par l’industrie du spectacle et sa manipulation des symboles.

Car complètement pourri de l’intérieur, l’empire est devenu ex-centrique, or dépendant non d’un noyau central mais d’une coquille, devenue la seule structure prolongeant son existence. Ses quartiers généraux sont éparpillés à travers le monde, et il est théoriquement impossible de trouver un pouvoir unifié dans toute cette toile. C’est l’oligarchie capitaliste, qui partage les pouvoirs et les richesses, plutôt que de les concentrer dans une seule lignée royale. Sa mondialisation rend la toile encore plus complexe. Même de prouver une célèbre théorie du complot globaliste en amènerait à illustrer un réseau social qui s’étend à travers le globe, pour qui un siège ou bureau central unique devient plus un encombrement impertinent qu’un noyau nécessaire au pouvoir. Du moins tant que l’empire demeurera sans visage -sans empereur mondial, ou autre figure centrale- ni siège du pouvoir, il ne tiendra surtout que de sa carapace externe.

C’est pourquoi son système n’arrive pas à fonctionner en-dehors du spectacle et de sa marchandise. Qu’un oeuf de Pâque, plus ou moins. Il ne suffirait que de casser sa carapace de soutient externe pour le faire tomber.

Détruire le développement consiste à s’attaquer avant tout à son spectacle… à tout ce qui est présent ou en cours de l’être, qui promovoit l’impression de sûreté et de profitabilité. Mais ça n’enlève pas à l’importance d’attaquer ses infrastructures plus concrètes quand les circonstance le permettent. Considérons que le terme de “développement durable” n’est pas aussi hypocrite qu’on le puisse le croire… il est en fait exactement représentatif de son enjeu. Car s’ils veulent le rendre toujours plus durable, c’est qu’il est, en réalité, d’une faiblesse ahurissante. D’où le besoin constant de rassurer les investisseurs avec une batterie de subterfuges, et même de les faire rêver à la chaîne.

C’est ce que beaucoup de marxistes contemporains n’ont su voir jusqu’à maintenant: étant que le système capitaliste ne survit apparemment que par sa logique d’expansion, et par conséquent le meilleur lieu où l’attaquer, désormais, c’est sur le front de son invasion spatiale et temporelle…

Le développement, dans son intégralité, dans la forme aberrante que l’Histoire a fini par lui donner, notamment en la banlieue, doit être brisé à tout prix. Le temps est venu de l’arrêter… De débrancher sa machine de support respiratoire.

(soumis par C.)