De Fukushima à Khimki, d’Areva à Vinci, le corporatisme français sévit

(action directe antifasciste contre le gouvernement russe à Khiki, été 2010)

Khimki ce sont 4000 hectares de forêt que le gouvernement russe et un consortium international prévoyaient de rayer définitivement de la carte : mais la mobilisation des habitants a trouvé un écho dans tout le mouvement progressiste et révolutionnaire, et au moment où les travaux et la destruction de la forêt allait commencer, celle-ci était défendue concrètement par des milliers de personnes venues s’installer sur place.

Au mois de juillet 2010, devant cette résistance populaire massive, des milices fascistes sont envoyées pour liquider physiquement les militants. La violence extrême de l’attaque n’est pas un cas isolé en Russie, ou les groupes fascistes et notamment bonehead ont des connections depuis longtemps établies avec le pouvoir et les patrons, où les émeutes racistes et antisémites se font impunément un peu partout sur le territoire.

Mais les militants et la population de Khimki répondent à cette attaque en amplifiant manifestations et actions: c’est alors que des militants sont emprisonnés, tabassés, et torturés. Mais davant la pression, le pouvoir russe recule au début de l’automne.

Il libère provisoirement les militants emprisonnés et le maire de Moscou arrête le chantier et évoque une « concertation « .

Mais comme nous le disions en septembre 2010  :

En Russie comme en France, la « concertation » et la « suspension » des travaux ne sont jamais que le moment médiatique où les entreprises et les autorités discutent devant les caméras avec quelques représentants auto proclamés des mouvements de masse, pendant que la répression continue pour éradiquer leur contenu offensif.
En novembre 2010les tabassages et tentatives de meurtre régulières contre les acteurs du mouvement de Khimki ont cette fois touché un journaliste Oleg Kachine qui a notamment enquêté sur l’aggression des opposants par le groupe néo-nazi en juillet.
En décembre 2010, le pouvoir russe a annoncé son intention de redémarrer le chantier: en ce même mois de décembre, en effet François Fillon se rendait en voyage en Russie avec une vingtaine de représentants des plus grosses entreprises françaises. Parmi celles-ci, Vinci, le groupe de BTP partie prenante du consortium chargé de la construction de l’autoroute qui va détruire la forêt…

Forêt de Khimki

De toute façon, la décision était déjà évidente pour tous ceux qui habitent la région: en effet début novembre, le maire de Moscou avait annoncé qu’une autre « concertation-expertise » était terminée, celle concernant le projet d’une autoroute géante qui va entourer Moscou , un « périphérique » dont le tracé va se situer à 80 km du centre ville et qui menace l’équivalent de vingt forêts de Khimki.

Ce projet va plonger Moscou dans un smog permanent selon les avis de tous les experts indépendants et ravager pour très longtemps l’écosystème et la vie des habitants.

Khimki n’était qu’un prélude.
Si l’on ne sait pas encore qui vont être les heureux bénéficiaires des juteux contrats qui vont être conclus pour la construction de ce périphérique, il n’est évidemment pas exclu que Vinci en soit acteur.

La multinationale française est en effet un acteur clé en Russie, raison pour laquelle François Fillon avait toutes les chances d’emporter la reprise de la destruction de la forêt de Khimki: le pouvoir russe ne va pas se fâcher avec Vinci, car celle-ci est également et notamment…en charge d’une partie de la soi-disant « décontamination «  de Tchernobyl, avec la pose d’un nouveau sarcophage sur la centrale, travaux entamés en 2007.
Or avec Areva, EDF et le pouvoir russe, Vinci est l’origine d’une étrange association, le CPEN qui se livre en Ukhraine à des opérations de propagande honteuse visant à expliquer que les produits poussant dans la région de Tchernobyl sont depuis longtemps « décontaminés ».
Vinci est en effet depuis longtemps en collaboration avec Areva sur les chantiers du nucléaire mondial: en Angleterre sur les EPR en construction, en Inde ou au Niger.
Et le gouvernement français colporte donc tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre groupe: juste avant le tsunami, l’agenda de François Fillon comportait ainsi une longue visite au Japon, sur une usine de traitement des déchets nucléaires co-pilotée par Areva: à Rokkasho, aussi les habitants ont lutté et manifesté des années durant, et l’usine n’était même pas en marche totale qu’elle présentait déjà de graves anomalies des systèmes de sécurité.
De Khimki à Fukushima, on retrouve donc les mêmes méthodes, les mêmes entreprises, les mêmes gouvernants, et la bourgeoisie française au premier rang de ceux qui détruisent la planète et provoquent des catastrophes meurtrières .
De Khimki à Fukushima, les mêmes politiciens viennent ensuite pleurer sur la soi disant cruauté de la nature et le caractère imprévisible des « cataclysmes naturels »: mais de même que chacun savait qu’un tremblement de terre pouvait se produire à Fukushima, Vinci , François Fillon et ses mais russes savent bien ce que peut entraîner la déforestation massive: des incendies géants et incontrôlables comme ceux survenus il y a deux ans.
A propos de la résistance au nouveau projet d’autoroute autour de Moscou, le premier Ministre Russe a déclaré en novembre , en les traitant de terroristes écologiques «

« En Occident, cela fait longtemps qu’on a su s’occuper de telles protestations. Pour l’instant, nous, nous ne le pouvons pas»

Khimkibattle.org

Source: Redskinheads-de-France.fr

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