Archive pour libération

August 23-30 2014: A week for all the anarchist prisoners

Posted in Appel, Reportages with tags , , , on 2014/07/13 by anabraxas

Call for an international mobilization

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In summer 2013 members of several ABC groups discussed the necessity of introducing an International Day for Anarchist Prisoners. Given there are already established dates for Political Prisoners Rights Day or Prison Justice Day, we found it important to emphasise the stories of our comrades as well. Many imprisoned anarchists will never be acknowledged as ‘political prisoners’ by formal human-rights organisations, because their sense of social justice is strictly limited to the capitalist laws which are designed to defend the State and prevent any real social change. At the same time, even within our individual communities, we know so little about the repression that exists in other countries, to say nothing of the names and cases involving many of our incarcerated comrades.

This is why we have decided to introduce an annual Week for Anarchist Prisoners on August 23-30. We chose August 23 as a starting point, because on that very day in 1927 the Italian-American anarchists Nicola Sacco and Bartolomeo Vanzetti were executed in prison. They were convicted of murdering two men during an armed robbery at a shoe factory in South Braintree, Massachusetts, United States. Their arrest was a part of a bigger anti-radical campaign led by the American government. The State’s evidence against the two was almost totally non-existent and many people still today believe that they were punished for their strong anarchist beliefs. Given the nature and diversity of anarchist groups around the globe, we have proposed a week of common action rather than a single campaign on a specific day making easier for groups to be able to organise an event within a longer target period. Therefore, we call on everyone to spread the information about the Week for Anarchist Prisoners among other groups and communities and think about organising event(s) in your city or town. The events can vary from info-evenings, screenings and benefit concerts to solidarity and direct actions. Let your imagination run free.

Till all are free.

325
ABC Belarus
Brighton ABC
Bristol ABC
ABC Cardiff
ABC Czech Republic
ABC Finland
ABC Kiev
ABC Latvia
Leeds ABC
London ABC
ABC Mexico
ABC Moscow
Nizhny Novgorod antirepression group
ABC St.Petersburg

Source: Anews

Appel urgent pour une occupation à Akwesasne

Posted in Actions, Appel, Reportages with tags , , , , , , , , , on 2014/03/22 by anabraxas

Transmis par IPSMO

Pour diffusion large et immédiate

22 Mars 2014, midi

TERRITOIRE D’AKWESASNE – La société Warrior d’Ackwesasne a lancé un appel pour l’occupation du poste de contrôle et de douanes de l’Agence des Services Frontaliers du Canada (ASFC) que la communauté avait expulsé de l’île de Cornwall en 2009. Le projet est de convertir le les bureaux et poste de contrôle abandonnés du ASFC en un centre de guérison.
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Mexique, 5E: Lettre d’Amélie

Posted in Réflexions, Reportages with tags , , , , , , , , , on 2014/03/21 by anabraxas

Publié et traduit sur Sabotagemedia

(English version follows)

23 février 2014, prison de Santa Martha, México, DF

Le soir du 5 janvier dernier, j’ai été arrêtée avec mes compagne.on.s Fallon et Carlos pour avoir supposément attaqué le Secrétariat Fédéral des Communications et Transports de Mexico, ainsi qu’un concessionnaire de voitures Nissan. Des vitres ont été brisées et des cocktails molotov ont été projetés à l’intérieur du ministère, (selon ce que les preuves disent) et dans les voitures neuves du concessionnaire. Les dommages se sont élevés à plus de 70 000 pesos au ministère et de plus de 100 000 pesos au Nissan.

Effectivement, je suis anarchiste et je vis à Montréal, au Canada. J’étais de passage au Mexique, et voilà que mon voyage se prolonge de quelques temps.

Après avoir été arrêtée, on nous a enfermé pendant 96 heures, pour ensuite nous transférer au Centre Fédéral des Arraigo- sans même avoir vu un juge. Nous y avons été séquestré pendant 40 jours. En cellule, 23 heures sur 24, une cigarette par jour, fumée en 10 minutes; 3 repas par jour, mais avec seulement 10 minutes pour manger à chaque fois, sans parler; pas le droit d’avoir de crayon; 9 minutes de téléphone par jour… Bref, c’était l’attente, et il ne se passait rien d’autre que la télé ouverte, du matin au soir, avec les «télé-novelas» mexicaines qui passaient. Une chance que nos ami.e.s nous ont envoyées des livres! Merci, je ne sais pas comment j’aurais survécu sinon.
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Lettre de Marco Camenisch en grève de la faim et du travail forcé

Posted in Actions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , , on 2014/01/15 by anabraxas

Voici la récente lettre du prisonnier éco-anarchiste Suisse Marco Camenisch, purgeant une peine d’emprisonnement de longue durée depuis presque 20 ans dans le camp de concentration de Lenzburg (Suisse), traduite de l’allemand sur Act for Freedom et publiée sur RadioAzione. Ce n’est pas à prendre comme une version finale, car il est incertain si la version de RadiioAzione soit conforme à la lettre écrite par Marco en allemand.

Une grève de la faim du 30 décembre 2013 jusqu’à au moins le 26 janvier 2014, et refus de faire du travail forcé du 6 janvier 2014 jusqu’à au moins le 26 janvier 2014; telle est ma contribution à la lutte de résistance et pour la libération totale partout à travers le monde, qui se déroule à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison, contre la répression, la justice de classe, la prison, la torture, l’isolation, le sexisme, le racisme, la xénophobie, la guerre impérialiste, l’annihilation de la vie sur la terre.
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Port de Vancouver bloqué en solidarité avec Elsipogtog

Posted in Actions, Appel, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 2013/12/03 by anabraxas

Lundi 2 Décembre

TERRITOIRE DE LA CÔTE SALISH – Des activistes ont bloqué l’accès au port fédéral de Vancouver pendant une heure tôt ce matin, s’inscrivant dans la Journée international d’actions de support aux défenseurs de la terre d’Elsipogtog du Nouveau-Brunswick.

L’accès au Port au pied de Clark Drive a été bloqué pendant une heure. La queue de trafic bloqué s’est étendue à perte de vue. La coalition ad hoc d’activistes a bloqué la route avec une bannière lisant « Solidarité avec Elsipogtog » et #ShutDownCanada. Le groupe a dit qu’il condamne le fracturation hydraulique pour son empoisonnement de l’eau et multiplication des émissions d’hydrocarbures et dénonce « la brualité de la réaction de la GRC et leur continuelle collusion avec les intérêts corporatif ».

On se tient en solidarité avec les Défenseurs de la terre de partout – des Mi’kmaq au Nouveau Brunswick jusqu’aux Unis’tot’en en Colombie Brittanique – qui se battent contre la rampante et inconsciente extraction des ressources, qui est le visage du colonialisme moderne. On dénonce l’idée que cette destruction et cette corruption, violence et déception par association sont nécessaires. Et aujourd’hui nous fermons une pièce-clé de l’infrastructure de cette machine idéologique. »

Le camp du territoire Mi’kmakh, qui a vu des confrontations entre les Mi’kmaks protègeant les eaux et la GRC protégeant les intérêts corporatifs, a fait appel à un support mondial. D’autres actions de support ont été prévues aujourd’hui en Colombie Brittanique, incluant des manifs à Vancouver et Victoria.

Farouche combattant pour la marchandise!

traduit et retransmi de Mediacoop Vancouver

Round dance on a highway 11 in flames!

Retour vers le primitif

Posted in Réflexions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , on 2013/04/27 by anabraxas

Traduction de « Back to the Primitive », écrit par Walter Bond, emprisonné pour encore huit ans, en Illinois, pour s’être attaqué à des industries meurtrières d’animaux.

La civilisation est complexe. Ça envahit nos interactions sociales, biaise nos désirs et nous sépare du monde naturel. La civilisation industrielle et la haute technologie exacerbe les divisions et approfondit toujours plus loin les séparations. L’industrie, la consommation et la production sont des fléaux pour l’environnement, les destructeurs de forêts, la cause d’une névrose inédite et abrite la même mentalité qui a permis aux Nazis d’être dirigeants de camps de la mort le jour et pères de famille le soir (ou permet à des chercheurs de mutiler des animaux à mort pour ensuite retourner à la maison pour prendre soin de leur chat).


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ZAD: Qui gaze nos semences récolte la tempête!

Posted in Actions, Appel, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 2013/04/16 by anabraxas

Compte-rendu des médics sur l’attaque paramilitaire du 15 avril dans la ZAD

Dans la presse vous entendrez beaucoup parler des trois gendarmes blessés mais, peu des personnes subissants les violences physiques et psychologiques de cette opération militaire.

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En tant qu’équipe medic on voulait transmettre ce que l’on a vu aujourd’hui. Alors qu’hier on celebrait la libération du carrefour de la Saulce deux jours plus tôt par un pique-nique festif sans autres blessures que des coups de soleil, ce matin les gendarmes sont revenus en nombre reprendre le carrefour, réinstaurer leur occupation militaire. Dans ce cadre-là, on a vu de nombreux tirs tendus de flashball et grenades assourdissantes a courte distance, qui ont infligé de nombreuses blessures dont certaines pris en charge par l’équipe médic :

• impacts par flashball :

→ œdèmes et hématomes :
– trois personnes dans les jambes
– une personne dans le bras
– une personne dans les épaules
– trois personnes dans le thorax
– une personne dans le dos

→ un impact dans la tête entrainant une plaie ouverte du crâne nécessitant cinq points de suture

→ un impact dans le visage provocant un arrachement important de l’arcade et un enfoncement des sinus accompagné par une hémoragie importante nécéssitant une prise en charge par les pompiers

• impacts par des grenades assourdissantes :

→ plaies, brulures et corps étrangers faits par les éclats de grenade :
– trois personnes dans les jambes
– une personne dans une fesse

→ blaste :
– multiples personnes choquées (désorientations, acouphènes)
– une personne plus gravement atteinte malgré la présence d’une palette la protégant des impacts des éclats

• des nombreuses intoxicationes liées à l’emploi massif de gaz lacrymogène et poivré

Les pompiers ayant evacué la personne ont eté bloqué par les gendarmes qui leur ont refusé l’accès et ne les ont laissé passer qu’après l’insistance d’occupants présents. Ils ont de nouveau empêché leur départ afin de contrôler la personne blessée, retardant en tout plus de vingt minutes la pris en charge des secours.

Une occupation militaire ne s’installe jamais sans violence. Cette liste non-exhaustive ne voudrait pas oublier toute la violence psychologique d’un tel déployement policier ainsi que celles subies au quotidien dues à leur présence permanente et leurs agissements.

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Soit ils nous virent, soit ils se cassent!

(et s’ils nous virent, on revient!)

La veille de la manifestation « Sème Ta ZAD », le carrefour de Fosses Noires / Chemin de Suez, est liberé de la présence des gendarmes mobiles…

Pendant 2 jours, ce carrefour, nombril de la zad, est spontanément redevenu ce qu’il était : un endroit de passage, où l’on se croise, s’echangent des nouvelles, un point de rencontre. Ces jours-ci, la ZAD fut parcouru par des centaines de personnes outils en main.

Le dimanche, nous avons fêté la fin de l’occupation militaire. Rêve éphémère ou réalité des jours à venir ?

Depuis plus de 141 jours nous sommes, habitant-e-s du centre ZAD, pris au piège par les deux barrages de flics. Notre quotidien, c’est du bleu. Pas un matin, midi au soir sans être confronté.e.s à leur présence. Sans être contrôlé.e.s, fouillé.e.s, humilié.e.s. Nous n’avons pas le choix de les éviter. Nos enfants vont à l’école, nous avons pour certain-e-s des activités professionnelles. Fini les balades à vélo, fini les marches tranquilles, les rencontres avec les voisin.e.s et les ami-e-s qui n’osent plus venir. L’endroit où nous et nos enfants vivons, est devenu une zone d’enfermement, dans le silence, depuis le weekend du 15 décembre 2012.

Doit on continuer à subir sans réagir alors qu’il n’y a aucune légitimité et utilité à leur présence ? Nous ne le pensons pas ! Alors il faut relever la tête, s’unir et refuser cette mascarade !

Le prétexte officiel de bloquer le carrefour n’a jamais empêché d’apporter des denrées sur la ZAD, du gaz, des matériaux inflammables ou de construction. Le réel objectif est plutôt de donner l’illusion qu’ils contrôlent la zone, de faire pourrir la situation tout en tentant de contenir la lutte aux frontières de la ZAD, d’établir une pression psychologique et de créer une répression constante qui provoque un climat de tension permanente. Enfin, lors d’un contrôle, quand on craque et qu’on exprime notre ras le bol, la réponse des flics est systématique : « vous n’avez qu’à partir ». Ce qui représente une autre forme d’expulsion, plus insidieuse, à l’heure où la commission du dialogue avait demandé la fin des interventions pendant la durée de son mandat…

Leur petite comédie de « commission du dialogue » a pris fin, maintenant la conclusion doit être claire : soit ils nous virent, soit ils se cassent !

Il est évident que nous ne nous laisserons plus occupé.e.s de la sorte : s’ils reviennent chez nous, nous irons chez eux !

Il y a quelques mois, un appel à occuper les lieux de pouvoir avait été lancé en cas d’attaque sur la ZAD. Or, la ZAD est habitée sur toute sa surface et on n’habite pas un endroit sans ses routes, ses champs et les liens qu’ils génèrent. Nous considérons donc que la réoccupation militaire du carrefour serait une attaque directe de notre lieu de vie. Nous appelons en conséquence à des actions décentralisées, que ce soit par des occupations de lieux de pouvoirs et de carrefours de circulation stratégiques, ou par toute autre type d’actions jugées pertinentes !

Des habitant.e.s qui résistent

Un récit de la journée sème ta ZAD

Les champs sont encore bien humides pour une grande action agricole, mais cela fait fait quelques jours que ça fourmille un peu plus encore partout sur la zone : préparation des chantiers, des scènes, des gâteaux, dégagement de certains chemins, signalisation… Puisque la commission du dialogue conseille de poursuivre le projet d’aéroport, mais que le gouvernement risque de ne pas oser se lancer dans de nouvelles expulsions avant d’avoir révisé quelque peu la copie, notre réponse immédiate sera d’asseoir l’occupation à long terme de la zone par de nouveaux projets agricoles.

En préambule à la journée « sème ta zad« , bonne surprise hier soir puisque vers 22h, la préfecture a décidé de retirer ses troupes du carrefour de la Saulce, point central au coeur de la zone menacée par l’aéroport. Cela fait 141 jours que l’on vit avec une occupation policière permanente : harcèlements, ralentissements et perturbations de nos allées et venues avec le choix de contourner à pied par les champs ou de se faire contrôler, fouiller et humilier. On peut donc dire que leur départ de la Saulce est un sacré soulagement. Immédiatement, le joyeux message passe, par la radio, par les chemins, d’une maison à l’autre… Tant et si bien qu’assez vite une fête s’improvise sur la route, avec quelques chicanes et brasero. La fête est quelque peu perturbée par la présence de deux camions de gendarmerie restés en retrait dans un chemin attenant, qui appellent leurs collègues en renfort et finissent par balancer quelques lacrymos et grenades assourdissantes au Carrefour. Ce samedi matin alors que les cortèges se préparent à partir, plus de traces de gendarmes. Comme pour le 17 novembre on dirait qu’ils ont choisi de faire profil bas ou de faire comme si il n’y avait pas une occupation militaire quand les caméras débarquent. Il s’agit maintenant d’être attentif-ve-s à ce qu’ils ne reviennent pas dès lundi et à ce qu’ils nous lâchent définitivement les basques.

Au départ de la manifestation « sème ta zad », la surprise est moins agréable puisqu’il pleut généreusement. Le printemps a décidé paresseusement d’attendre un jour de plus pour s’installer. Malgré ce léger désagrément, pas mal de monde arrive petit à petit fourche, pioche, pelle en main… A l’est, à la sortie de la Paquelais, des tracteurs s’installent avec des bennes de fumier ou des outils, plants et matériaux déposés par les manifestants. Radio klaxon commence à rediffuser en direct sur les enceintes des sons de la manifestation, de la disco ou de vieux chants révolutionnaires…Une batukada de bidons, de bric et de broc s’installe en tête, derrière une banderole « sème ta zad – cultiver, occuper, résister », une tête de « tanouki » masqué et entonne une chanson de geste hypnotisante sur les hauts faits des mois passés. Le cortège s’enfile sur la d281. Pour ceux qui ne sont pas passés depuis quelques mois ou qui découvrent, c’est un moment un peu surréaliste. Cette route qui en octobre était quoitidiennemement asphyxiée par un millier de policiers est devenue le cauchemar de tout aménageur du territoire. On y découvre une architecture défensive et sauvage : barricades et chicanes, tour de guets et barraques posées au milieu du bitume, pneux, palettes et panneaux de circulation détournés de leur usage règlementaire. La DDE en mode zad oblige tout un chacun à zigzaguer et ralentir un brin mais ça passe. Tout au long du parcours, des panneaux et chemins protégés indiquent l’accès à diverses cabanes. Quelques grandes plaques de bois commémoratives rappellent la bataille du sabot, ferme maraîchère occupée dans une manifestation similaire en 2011 et détruite en octobre. Quelques dizaines de minutes plus tard, la manifestation arrivent sur les ruines des planchettes, ancien lieu d’acceuil et d’organisation collective. La pluie est toujours là mais on doit être maintenant un bon millier.

Sur le cortège ouest, le départ a pris un peu plus de temps. 5 voitures de gendarmerie attendaient les premiers arrivés aux Ardillères. Ils se mettent à fuir à l’arrivée d’un bouc, essaient de se remettre un peu plus loin sur le carrefour mais en sont empêchés. Aujourd’hui, c’est nous qui leur bloquons la route et les obligeons à contourner. Qui aurait pu résister de toute façon à une troupe emmenée par des banderoles annonçant ’jacquerie ! », « nul terre sans guerre » ou encore « vinci dégage, la terre on la partage », ainsi que par les chants tonitruants des Aveyronnais venus construire une cabane sur les terres de saint-jean du tertre . A l’arrivée au hameau du Liminbout, un panneau « village en résistance », une grosse pause collective à la buvette pour franchir la dernière ligne droite et se retrouver un millier à la Ferme de Bellevue, occupée en février par le collectif « Copain »* – regroupement d’organisations agricoles en lutte contre l’aéroport.

Les deux manifestations se terminent par des prises de parole de l’assemblée paysanne qui a initié « sème ta zad » et de COPAIN. Une déclaration de solidarité avec la lutte à Notre Dame des Lande envoyée par la coordination des mouvements paysans indiens est lue, d’autres invitent à venir occuper des terres agricoles menacées par un projet routier le 27 avril à Avignon. Nul besoin de rappeler trop longtemps que, plus qu’une manifestation de masse, l’objectif de cette journée est cette fois de permettre un moment d’action collective et de chantier participatif : des petits groupes s’éparpillent rapidement une carte à la main sur les différents nouveaux projets agricoles en gestation sur la zone. Des bétaillères font la navette jusqu’à saint-jean du tertre au rythme d’une bourrée, d’autres partent explorer à pied. Malgré la pluie qui continue l’ambiance est au partage et aux sourires. Certains chantiers ont dû être reportés mais ça bosse dans tous les sens : cassage de bois et isolation de la Vache rit, montage de buttes, plantation de fraisiers et patates aux Cent noms, couverture et montage de serre au potager rouge et noir ou a la Wardine, drainage et préparation des sols pour acceuillir des petits fruits et légumes à la Bellich’ ou au Sabot, réhabilitation d’une baraque abandonnée à Saint jean du tertre en attendant qu’il fasse un peu plus sec pour démarrer les cultures de blé ou les plantations de vigne, phyto-épuration aux cent noms ou au Gourbi, cuisson de pain à Bellevue, nettoyage de chemins et fossés et création de chemins pour ne pas abîmer les champs et éviter la police. Dès que la fatigue, la faim ou l’humidité se font trop sentir, un tas de cantines et buvettes dispersées sur la zone proposent de grandes assiettes de légumes, des crêpes et autres dégustation de vins et fromages… Et puis il est toujours possible de se poser pour des discussions sur les semences, des atelier sur les plantes médicinales, des états des lieux de la lutte ou pour regarder des photos sur les expulsions au dôme « bowl y wood ». Pour beaucoup c’est aussi un moment pour re-découvrir la zones, les barricades et sigmates des batailles, la beauté du bocage et toutes les nouveaux habitats construits ces derniers mois. Certain-e-s rêvent déjà d’organiser une journée mensuelle « Sème ta zad » avec des chantiers ouverts réguliers. En attendant il est possible de revenir demain et les jours prochains, en plein soleil pour continuer les chantiers initiés aujourd’hui. Il est déjà tard et temps d’aller danser au Fest noz ou sur quelques bon vinyls. La journée d’aujourd’hui l’a encore prouvée, dans quelques mois ou quelques années, si ils tentent de nouveau de faire passer l’aéroport en force, nous serons encore plus nombreux et déterminés.

Sorry, récit tardif et vite fait – Plus d’images demain.

Des participant-e-s à « Sème ta zad! »

À suivre…

De Zone à Défendre

Sur Médiacoop: « SÈME TA ZAD! »: à Notre-Dame-des-Landes, les zadistes recultivent les terres

The invisible hand of the markets, too, is an iron hand

Posted in Appel, Réflexions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , on 2012/07/18 by anabraxas

Syria? No, Italy!

“Despite everything, brother, I really hoped I would hear you smile tonight…on the contrary…it wasn’t enough that they judged your murder a lawful murder. After 11 years, they still wanted some more lives. And not the lives of those who murdered, tortured, battered, or the lives of those who ordered the beatings and covered them up. Once again, they’ve taken the lives of our comrades, of our brothers and sisters. They called a few broken windows “devastation and looting”; some of those windows – maybe – broken by the Genoa defendants. They called the coma, the broken bones and teeth, the blood, the tortures and the threats “false evidence” – all of those caused by the same police forces they didn’t even want to identify. They judged it was all legitimate: the hole the bullet made in your head, the devastation the defender made on your body, the wound a rock made on your forehead, while you were lying on the ground among dozens of boots, when your heart still screamed. They judged it was legitimate to loot your life, and today the looting of more lives”.

– Elena Giuliani, Carlo’s sister

Genoa 2001: two of the activists sentenced last week are untraceable

Francesco Puglisi and Vincenzo Vecchi, the two of the’Genoa 10′ to receive the most severe sentences for crimes of “devastation and looting” – 15 and 13 years – are untraceable since Sunday, the same day Genoa’s Supreme Tribunal ordered them to be incarcerated.

Another two, Alberto Funaro and Marina Cugnaschi, were immediately imprisoned. Ines Morasca, sentenced to 6 years and 6 months, had her prison sentence suspended due to parental duties (she has a very young child). The remaining five, as mentioned in my previous article, have been granted right to appeal against some of the charges and will have to find evidence that they carried out crimes of “devastation and looting” as a result of the influence of the ‘mob mentality’ around them.

Over the last few decades a new “political culture”, by some portrayed as “progressive”, has made its way into Italy. Its mottoes and slogans are banal and conservative: “defend legality”, “act within the law”, etc. Various political groups and parties claim that only people without any conviction have the right to get involved in politics and be given public offices. According to this “culture”, our comrades who have been recently sentenced should be forever kept away from social and political movements…?! How can the same twisted minds be in favour of changing the rules and at the same time have respect for those same rules that need to be changed?! The recent victims of State repression fought to change the “law”, and in doing so expressed the foremost and highest of all “public” rights, that of free expression. Why should they now be expelled from the political life? Should Aung San Suu Kyi have been prevented from running for the elections just because the State she lives in had labelled her as “illegal” and imprisoned her for years?

During Berlusconi’s government, and with the complacency of current Prime Minister Monti, several important laws relating to money-laundering, working rights, etc, were abolished. Just because someone decided they weren’t “legal” anymore. During the Fascist regime, the abhorrent racial laws were classed as “legal”. This fetishisation of the law needs to be looked at from a fresh perspective; only then can we see it: law and justice never correspond. Actually, the first is often a negation of the latter.

Solidarity for the fugitives and the « illegals »

*   *   *

Addresses to write to Alberto Funaro and Marina Cugnaschi:

Alberto Funaro
c/o Casa circondariale di Rebibbia
Via Raffaele Majetti 70
00156 Roma

Marina Cugnaschi
c/o Casa Circondariale San Vittore
Piazza Filangieri 2
20123 Milano

Verdict for the Genoa 10: guilty!

source: Italy calling

Une étincelle dans la nuit: la E.L.F. dans le sud de l’Ontario de 2005 à 2007

Posted in Actions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , on 2012/05/07 by anabraxas

A translation from the text « A Spark in the Dark: the E.L.F. in Southern Ontario…« 

« Il y a tant de beautés à voir dans ce monde. Une rivière sauvage déferler, ou une vieille forêt d’arbres roux. Mais dans une telle situation laide, terrible et sinistre, il n’y a rien d’aussi aimable qu’un développement en feu.”

– E.L.F., Communiqué pour un incendie contre un développement sur la route Summit Ridge, Guelph, 27 Juillet 2006

De quoi ça aurait l’air de voir les orignaux revenir dans le sud de l’Ontario? Pouvez-vous imaginer une meute de loups gris se réinstaller dans leur territoire et se nourrir des carcasses de chevreuils à la bouche de la rivière Don? Quelle serait la sensation de toucher les noisettiers et les gigantesques chênes de quatre mètres de large des forêts Caroliniennes autour du Lac Ontario d’il y a deux cent ans?  Imaginez une rivière crystalline, une forêt continue, un écosystème intacte. En Ontario du Sud, ce sont les mémoires de notre passé collectif. Comme la photo d’un amour perdu, nous perdons la perspective des contoursm, des nuances et puis éventuellement l’image, jusqu’à ce qu’un jour la mémoire soit disparue.

L’action de se souvenir, de savoir ce que nous avons perdu, et qu’il y a encore à perdre, est une lutte en elle-même. Bref, nous avons tout à gagner dans nous nous battons pour la terre. Nos vies en dépendent.

Il y a trois lettres qui tournent un acte de sabotage singulier en une redoutable attaque organisée contre les développements environnementalement destructeurs. Ces lettres sont E, L et F -un acronyme pour Earth Liberation Front. Quand ces lettres ont accompagné une station touristique de ski mise en feu à Vail, Colorado, un développement immobilier détruit en périphérie de Mexico City, ou un Zellers nouvellement construit à Guelph, Ontario, ça voulait dire une garantie de guerre contre les développeurs.

La E.L.F. a été fondée à Brighton, Angleterre en 1992, et déjà en 1994, ses actions furent répandues à travers le pays. En 2011, la E.L.F. avait attaqué des développements dans 17 pays, avec une majorité des actions se déroulant en Amérique du Nord. Le but principal des actions de la Earth Liberation Front est de causer des dommages économiques suffisants pour enlever la motivation au profit à des corporations qui détruisent l’environnement.

En 2001, la Earth Liberation Front a été désignée comme «L’organisation terroriste numéro un en Amérique » par le FBI, malgré n’avoir jamais blessé qui que ce soit à travers leurs actes de sabotage. La E.L.F. du sud de l’Ontario fut active de 2005 à 2007, avec la majorité des actions revendiquées par le groupe de Guelph. Le premier incendie par la E.L.F. d’un Zellers sur la rue Stone en 2005 a marqué une nouvelle ère de sabotage anti-corporatif et anti-gouvernemental à Guelph. En 2005 et 2006 il y a eu environ 14 actions directes menées par la E.L.F. Entre 2005 et 2010 il y a eu plus de cinquante attaques dans la région du sud de l’Ontario, qui ont ciblé de nouveaux développements, des équipements de construction, des banques, la police, l’armée, des politiciens et de grandes corporations, la plupart menées anonymement, ou par des gens qui se déclaraient anarchistes ou anti-autoritaires. L’étincelle du sabotage initié par la E.L.F. a changé le terrain de lutte pour la gauche radicale, les anarchistes et les environnementalistes alors qu’il sembla que la tactique de sabotage était employée par la multitude.

 Les origines du sabotage comme défense de la Terre

« L’homme blanc cherche à conquérir la nature, pour la plier à sa volonté et la gaspiller jusqu’à ce qu’elle ne soit plus là, et alors il ne fera que se déplacer ailleurs, laissant la dévastation derrière lui pour se trouver de nouveaux endroits à prendre. La race blance en entier n’est qu’un monstre qui a toujours faim, et ce qu’il mange, c’est la terre. »

-Chiksika à son frère Tecumseh, March 19, 1779

Le sabotage fut utilisé comme tactique de défense environnementale longtemps avant le premier incendie des mains de la E.L.F. à Guelph. Des cas de sabotages liés à l’environnement et la défense de la Terre datent d’aussi loin que les attaques des Diggers et la communalisation de propriétés privées en Angleterre en 1649. Il y eut les attaques anti-technologiques des Luddites contre des usines en Angleterre débutant en 1811, jaillissant de la mécanisation des fabriques et du chômage massif. Dans l’histoire plus contemporaine, le sabotage comme tactique était utilisé par le Animal Liberation Front et Earth Firt avant que le Earth Liberation Front prenne forme.

Il y eut aussi de nombreuses actions de défense territoriale par des Nations autochtones d’Amérique du Nord à l’encontre de l’étalement des colons, du développement et des génocides au cours des 500 ans de colonisation. Il y eut la «Crise d’Oka», qui partit de la défense d’une terre funéraire traditionnelle contre un développement de terrrain de golf en 1990, où des Nations autochtones d’à travers le Canada ont monté des barricades et coupé des lignes électriques pour mettre de la pression sur le gouvernement Fédéral pour retirer son siège militaire sur 50 Mohawks et leurs enfants. Les barricades de Grassy Narrows contre des camions chargés de troncs d’arbres à partir de 2002, et la réclamation en 2006 des Kanenhstaton de la terre de Six Nations contre un développeur immobilier, où des routes furent bloquées, des barricades en feu furent levées et une station génératrice d’électricité fut incendiée après des violences non-mandatées par la Police provinciale sur le site de la réclamation sont tous des exemples de recours au sabotage de la défense du territoire pour faire avancer une lutte. C’est une idée au-delà des cultures que des individus et communautés entières défendent leurs bases terrestres et résistent aux développements prédateurs.

L’anarchie verte s’enflamme

La destruction de tout est le commencement de quelque chose de nouveau / Votre nouveau monde est en feu et bientôt vous le serez aussi / Le sabotage nous libèrera, jetez une pierre dans la machine.

– « Refused »

Au tournant du millénaire, le « pic pétrolier » est devenu un concept bien répandu, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) donnait ses prévisions annuelles sur une extinction de masse rapide et violente à travers les dangers du réchauffement climatique. Kyoto a écoué et les seules solutions politiques offertes furent la collusion du gouvernement avec les développeurs impliqués, des sables bitumineux vers le bas. Une solution appropriée a été offerte par les radicaux: la résistance de masse au développement capitaliste et une tentative de défendre les cultures traditionnelles fondées sur la terre et de construire de nouvelles contre-cultures florissantes.
La publication Green Anarchy était le plus grand périodique anarchiste d’Amérique du Nord, avec une distribution 10 000 exemplaires à son apogée. Le discours politique anti-civilisation, le primitivisme, et l’anarchisme vert ont également été des positions politiques farouchement défendues et largement occupées dans divers milieux anti-autoritaires à travers le continent. Les anarchistes anti-civilisationnels prônent un retour à des modes de vie « non-civilisés » grâce à la désindustrialisation, l’abolition de la division ou spécialisation du travail, et l’abandon des technologies organisationnelles à grande échelle. La plupart des anarchistes s’opposent aux avancées technologiques capitalistes comme essentiellement exploiteures, dans leur extraction des ressources primaires à travers de la dégradation du travail et de l’environnement par le processus de production. Cette tendance a réencadré les débats dans les milieux anti-autoritaires, de l’exploitation humaine à l’exploitation de l’environnement.

La logique de la Earth Liberation Front

Les groupes écologiques dominants savent depuis longtemps que la marge de profit est la façon la plus efficace de mettre un frein aux pratiques immorales d’une corporation et ont initié des « campagnes de désinvestissement », et de « boycotts ». Il y a un dédain prononcé contre l’illégalité qui est partagé par une grande partie de la population, mais sûrement si nous savons que c’est ce qui affecte aussi à la base les pratiques du développement, le sabotage devrait être une tactique plus efficace et directe qu’une campagne de boycott médiatisée. Ça peut créer un spectacle sur les effets négatifs d’une corporation ou pratique corporative destructrice, car ça vise à arrêter immédiatement ou endommager économiquement la corporation impliquée dans de telles pratiques.

La montée du Earth Liberation Front Nord-Américain

“À mes amis et supporteurs qui ont contribué à faire du sens avec tous ces événements qui se sont déroulé si rapidement : Certaines cultures humaines ont mené une guerre contre la Terre depuis un millénaire. J’ai choisi de me battre du côté des ours, lions des montagnes, moufettes, chauves-souris, saguaros, roses de falaise et tout le reste du sauvage. Je suis la plus récente victime de cette guerre. Mais ce soir je m’évade de prison – je retour chez nous, à la Terre, à mon lieu d’origine. Bill, 12/21/05 (le solstice d’hiver)

– Note de suicide de William « Avalon » Rodgers, sous captivité de l’État

« Tu peux pas contrôler ce qui est sauvage! »

Entre 1996 et 1999 il y eut approximativement trente attaques de la E.L.F. aux États-Unis. Un feu de haut calibre a détruit le quartier général de la US Forest Industries, causant plsu d’un million de dollars de dommages. En Octobre 1998, un incendie majeur de la E.L.F. a sévit à Vail, Colorado, dans un projet d’expansion d’une station de ski, causant douze millions de dollars en dommages, selon les estimations. Le communiqué de cette action disait :

“Vail Inc est déjà la plus grosse opération de ski en Amérique du Nord et veut maintenant s’agradir encore plus. Les 19 km de routes et 3.58 km carrés de coupes à blanc vont ruiner le dernier et le meilleur habitat de lynx de l’état.  De placer les profits avant la vie faunique du Colorado ne sera pas toléré »

Le sabotage a continué au début des années 2000, centré sur les centres de recherche en pour les OGMs, édifices et véhicules gouvernementaux, lots de véhicules sports-utilitaires, développements de condos de luxe et un abattoir à chevaux. En décembre 2005, des agents gouvernementaux ont mené l’opération Backfire et fait inculper quatorze personnes d’une variété de crimes reliés à l’éco-sabotage dans le Nord de la côte Pacifique. Certains des accusés étaient inculpés avec des accusations alourdies par les léglislations antiterroristes et ont fait face à un emprisonnement à vie. Quatre des quatorze inculpés, Daniel McGowan, Jonathan Paul, Joyanna Zacher et Nathan Block, ont refusé de coopérer et ont reçu des peines de quatre à huit ans, a majeure partie dans ces cellulles d’isolation solitaire. William « Avalon » Rodgers s’est suicidé durant sa première nuit de détention le 21 décembre 2005.

D’autres membres notoires de la E.L.F. Emprisonnés sont Tre Arrow, condamné à 78 mois en prison pour deux incendies en 2001 et relâché en 2009; Marie Mason, condamnée à 22 ans pour treize incendies de en 1999-2000; Jeff Luers, condamné à 22 ans de prison pour des incendies sur trois camions et un lot de voitures en 2000, relâché en 2010; Eric McDavid, condamné à 22 ans en 2006 pour complot incendiaire contre le United States Forest Service et la Institute of Forest Genetics; et Rod Coronado, condamné pour plus de 10 ans dans plusieurs prisons Américaines pour son rôle dans la Animal Liberation Front et Earth Liberation Front. Rod Coronado, un autochtone Yaqui, a dédié sa vie à défendre l’environnement par le sabotage. Il a détruit plusieurs des fermes à fourrure du Nord-Ouest des États-Unis incluant la Western Wildlife Unit, coulé la moitié de la flotte de baleinières Islandaises et saboté d’innombrables expéditions et établissements d’expériences sur les animaux de Mountain Lion. Ces dernières années, Coranado a été réinstitutionalisé en prison pour plusieurs violations de sa probation. Une de ces violations a été de répondre à une question concernant des engins explosifs lors d’une conférence publique et l’autre de s’être «lié d’amitié» avec un activiste environnemental sur Facebook.

La  Earth Liberation Front du sud de l’Ontario

« Si tu le construis, on le détruis. »

– Communiqué de la ELF sur son attaque incendiaire contre un développement d’étalement urbain à Summit Ridge Road, Guelph, Juin 27th 2006.

En Juin 2005, un feu s’est allumé dans un Zellers nouvellement construit, causant plusieurs centaines de dollars en dommage. « E.L.F. » fut peint au jet sur la scène. Plus tard durant l’été : le sabotage de sept machines à construction dans un développement, suivi d’un vaste incendie au The Cutten Golf and Country Club en octobre. Entre l’été 2005 et l’été 2006 il y eu au moins quatorze actes de destruc

tion de propriété à Guelph et en Ontario du Sud.

Le 30 janvier 2006, la E.L.F. a brûlé un développement sur Gordon Street et Clairfield Road dans l’étalement au sud-est de Guelp

h. L’action était dédiée à la mémoire du libérateur de la Terre Will Rodgers. Dans le communiqué, ils ont déclaré : « Nous sommes en guerre, même si les images de la vie spectaculaire du quotidien nous font croire le contraire. Nous n’avons pas choisi ces conditions sociales nous-mêmes, nous ne pouvons choisir les  positions d’où nous combattons… Notre position est celle de combattants pris entre deux mondes; l’un que nous ne reconnaissons pas, et l’autre qui n’existe pas encore. »

Le 31 janvier. Le Guelph Mercury a publié un article de la porte-parole du CSRS (Centre de services de renseignements et de la sécurité), Barbara Campion. Elle a affirmé qu’il « semble y avoir une sorte d’attaque qui se déroule à Guelp… C’est une petite ville, et vous ne pourriez jamais croire que Guelph soit un nid d’activité radicale. » À travers le printemps et l’été 2006, il y eut au moins six autres sabotages de développements et de machines de construction à Guelph.

En juillet 2006, les attaques de la E.L.F. se répandent à Toronto, Brantford et London, Ontario. Au centre-ville de Toronto le 14 juillet 2006, un développement de condominium Citiplace condominium s’est vu infliger plus de 2 millions de dollars en dommages quand quelqu’un a mis du sable dans les réservoirs à essence et les filtres à air d’une douzaine d’équipement à excavation. À Brantford, du 17 au 19 juillet cinq projets d’étalement urbain   furent sabotés et revendiqués par la E.L.F. À Londres, du 21 au 24 Juillet, un Home Depot, concessionaire Toyota, et quatre sites de construction furent vandalisés. « Arrêtez de détruire la Terre » fut écrit en graisse sur une des machines. La dernière attaque contre le développement attribuée à la E.L.F. Au sud de l’Ontario eut lieu avec l’incendie d’un développement sub-urbain du site de construction de Reid’s Heritage Home le 3 août 2006. Le président de la compagnie a déclaré que le feu a causé 10 000 dollars en dommages.

Les attaques de la E.L.F. En 2005 et 2006 au sud de l’Ontario ont causé plusieurs millions de dollars en dommages à des corporations. Le sabotage a créé une controverse auprès du public à Guelph concernant l’étalement. Ça rencontra la condamnation de sa part, de toutes les sources de médias de masse, politiciens locaux, activistes de la gauche libérale et les corporations restèrent perturbées. Des vagues de sabotages politiquement fondés ont continué à Guelph, mis en pratique largement par des groupes anarchistes et anti-autoritaires. Malgré tout, le nom E.L.F. comme les attaques contre l’étalement urbain et les machines de construction se sont évaporé complètement.

Pourchasser une ombre

“On sait pas à qui nous avons affaire et c’est difficile d’avoir affaire à une ombre.“

– Conseiller municipal de Guelph Dan Moziar, 2006

Après enviroon 1300 actions, la Earth Liberation Front a en majeure partie cessé ses activités en Amérique du Nord. La présence décroissant de son organisation structurée par cellulles pourrait être attribuée à l’inculpation de plusieurs de ses membres, ou au déclin de l’anarchie verte au milieu des années 2000 en tant que philosophie et identité politique en faveur de l’insurrectionalisme. L’insurrectionalisme tente d’exploiter des tensions existantes dans la société afin de pousser vers une révolte sociale bien répandue. Même les porte-paroles les plus ardents de la E.L.F. ont exprimé un désir de se distancer des tactiques de la Earth Liberation Front. Dans une lettre de prison, Rod Coronado a écrit :

“Durant mes années passées j’ai défendu que le sabotage économique était une tactique appropriée pour notre époque. Comme tout stratège j’ai été aussi forcé de reconnaître que les temps ont changé et c’est maintenant ma croyance que les movements pour protéger la Terre et les animaux ont assez abouti pour maintenant considérer une approch qui ne compromet pas les objectis, mais accroît la probabilité de changement social véritable.” 

Au même moment de son arrestation, six ans après son implication dasn la Earth Liberation Front, Daniel McGowan travaillait pour une organisation appelée WomensLaw, qui aide des femmes dans des situations de violence intimes à naviguer à travers le système légal. Dans une lettre appelée Reflections on December 7th, écrite exactement deux ans après son arrestation initiale, Daniel a rendu son analyse de son rôle dans les actions de la Earth Liberation Front:

“Pour moi, les tactiques n’étaient pas la force guidant mes actions mais des moyens pour atteindre un but. En fait, l’utilisaton du feu m’a causé beaucoup d’anxiété et j’ai senti que c’était généralement utilisé avec peu de stratégie alors qu’on était pris dans notre propre course pour être plus « efficaces ». Ça a mené à la stratégie et aux idées d’être reléguées à l’arrière-plan du « pourquoi », qui est infiniment plus important que toute discussion sur ce nous allions faire. »

Les limites du sabotage de nuit sans la présence d’un mouvement de défense environnemental

D’avoir une cellule de la Earth Liberation Front active dans une petite ville d’activistes et d’anarchistes a eu un impact étrange sur le militantisme à Guelph. Les actions de la Earth Liberation Front n’ont jamais été connectées à un mouvement de défense environnementale plus large à Guelph et il est difficile d’imaginer que la E.L.F. ait déjà été supportée par un mouvement de masse. Le caractère dangereux et extrême des actions qui ont été menées ont fait que toute sorte de communication concernant le choix des cibles ou des tactiques semblait indésirable. Souvent, des actes majeurs de destruction de la propriété avaient soit le silence comme écho dans la communauté radicale, soit l’occasionnel « t’as entendu? Un autre dévelloppement a brûlé ». L’addition de la surveillance policière et les craintes de répression lourde des subversifs a causé un stress de bas niveau ressenti par plusieurs gens impliqués dans des réseaux radicaux.

D’un autre côté les activités de la Earth Liberation ont été acclamées par les anarchistes et anti-autoritaires de plusieurs villes, et plusieurs jeunes anarchistes ont visité ou déménagé à Guelph, sous le prétexte que Guelph avait un réel mouvement d’opposition au développement. Basé sur une demi-vérité, un mouvement d’éco-défense publique fut développé durant les années suivantes grâce aux labeurs de plusieurs gens de Guelph. Dans d’autres réseaux radicaux, les anti-autoritaires de Guelph eurent développé une réputation pour le sabotage. Lors d’une manifestation contre l’accord de libre échange Atlantica à Halifax en 2007, les anarchistes de la Côte Est ont suggéré que les anarchistes devraient la « guelpher », soi-disant en tournant la manifestation en émeute.

Pour un radical de l’extérieur, il a semblé que Guelph était la ligne de front pour l’opposition radicale au développement. Ça a fait que les gens de l’extérieur sont venus se rassembler à Guelph pour former une opposition radicale énergique pour quelques années. La E.L.F. a été la marque d’une tension incomfortable pour plusieurs et a surtout existé en tant qu’organisation fictive dont les gens n’entendaient parler que dans les journaux ou les médias radicaux. Mais il y avait une reconnaissance de la part de tous les radicaux à Guelph que quelqu’un mettait ses libertés personnelles en danger grave pour défendre la terre de la violence banale des planificateurs et développeurs urbains.

Les sabotages de la E.L.F. ont marqué une nouvelle période de sabotage anti-autoritaire à Guelph, alors que durant trois ou quatre ans, l’action directe de sabotage était devenu un phénomène routinier dans la ville. C’est juste de dire que les actions de la E.L.F. Ont inspiré des tactiques de sabotage qui se sont observé plus tard à Guelph, alors qu’il y avait très peu d’antécédents de recours à ce genre de tactiques avant que n’apparaissent les campagnes de la E.L.F. Le problème fut qu’il ne pouvait y avoir de support du public pour la E.L.F., car qu’évidemment personne ne voulait s’associer publiquement à une organisation criminelle ciblée par les autorités.

Potentiel pour de lourdes peines d’emprisonnement

Attends pas d’en être rendu(e) à ce point…

Personne dans le sud de l’Ontario n’a été encore arrêté ou inculpé de sabotage dans des affaires relatives à la ELF. Les histoires du cas de l’incendie de la banque RBC à Ottawa le 18 mai 2010, et des peines d’emprisonnement d’éminents prisonniers de la ELF aux Etats-Unis ont été celles de gens laissés à purger des peines allant de quatre à vingt-cinq ans. Si quelqu’un serait condamné pour les actions de la ELF dans le sud de l’Ontario, ils pourraient faire face à une condamnation similaire, selon les circonstances des cas. La menace d’une peine de prison à long terme pourrait être épuisante sur une base individuelle. L’acte d’accusation et la condamnation de ses alliés dans la lutte a le potentiel de détruire des communautés radicales sous la pression, la perte, et la peur. Ou il peut les rassembler autour du support d’un camarade emprisonné. Peut-être aussi que personne ne se fera prendre pour ces actions. Nous devons nous demander si l’emprisonnement à long terme d’un camarade en valait les tactiques employées pour la défense de la Terre. Avec le recul, il est plus facile maintenant de peser l’efficacité des actions pour les luttes futures en tant qu’une des tactiques de notre boîte à outils.

Impact sur le développement

Un des principaux objectifs du Front de Libération de la Terre dans le sud de l’Ontario aurait pu être de ralentir de manière significative la rapidité de l’étalement urbain autour de Guelph. Est-ce que ces actions ont vraiment eu pour effet de ralentir le développement? À l’été 2008, en plein milieu de la Grande Récession, le Guelph Mercury a annoncé que Guelph et Calgary ont eu un pourcentage croissant de la construction résidentielle au Canada. Les développements qui furent attaqués en 2005 et 2006 ont été éclipsés par des milliers de nouvelles unités qui marquant l’expansion en périphérie de Guelph. Il semble que Guelph, en tant qu’épicentre du sabotage anti-développemental au Canada ait eu très peu d’impact sur le processus de développement ou de la rapidité avec laquelle l’évolution a eu lieu.

Il ya plusieurs effets sociaux positifs des actions de la E.L.F. qui ont eu des répercussions durables sur Guelph et peut-être sur d’autres endroits du Sud de l’Ontario. Le sabotage de la E.L.F. a suscité beaucoup de controverse et de conversation autour de la table à diner. Beaucoup de résidents de Guelph se sont probablement formé des opinions polarisées sur l’étalement urbain, l’urbanisme d’entreprise, le sabotage, d’incendie criminel et l’action directe orientée vers l’écologie au cours de ces attaques de grande envergure. Bien qu’il soit difficile de mesurer l’opinion publique sr les sabotages de la E.L.F hors de la condamnation par les journalistes mainstream, le concept de la E.L.F., et les frustrations de la ELF vis-à-vis des modèles de développement capitaliste dans le sud de l’Ontario ont imprégné la conscience collective à Guelph.

Les campagnes anti-étalement et anti-développement comme La Terre est plus importante que l’étalement (LIMITS) et l’opposition au Hanlon Creek Business Park développées ont sous-entendu des motifs similaires aux actions de E.L.F. Il n’y a pas de doute que ce soit la E.L.F. qui ait fait le travail de terrain pour l’introduction des campagnes anti-développement qui ont gagné la psyché publique.

Il est difficile de connaître les stratégies et objectifs sociaux et économiques spécifiques de la E.L.F. dans le sud de l’Ontario. Il est évident que les tactiques de sabotage nocturne sont devenues populaire dans les actions anti-autoritaires ultérieures contre des cibles économiques et politiques autour de Guelph. Il est à espérer que la tactique de sabotage ne devienne pas un art perdu par les mouvements futurs visant à détruire la démocratie capitaliste et favoriser d’autres moyens de vivre.

En fin de compte, les changements climatiques sont encore en train de tirer notre monde dans une situation périlleuse*, la pollution et le smog tuent des quantités record de personnes dans le sud de l’Ontario chaque année, et les modèles de développement capitalistes détruisent la planète et anéantissent la plupart de la vie sur Terre. Nous vivons dans des temps effrayants et, finalement, il en revient à nous, en tant qu’individus et communautés de créer des mouvements alternatifs à la démocratie capitaliste tout en freinant son développement; nos vies, comme toutes les autres sur la planète en dépendent. La ou les personnes qui ont agi sous la bannière de la libération de la Terre dans le sud de l’Ontario sont les précurseurs de ce nouveau monde. La lutte est nécessaire pour protéger la Terre. Même quand il s’agit d’attaques destructrices, les luttes pour défendre la planète sont en fin de compte une affirmation de la vie.

*les auteur(e)s de ce blogue promettent un article coup-de-poing sur le sujet, très prochainement… Attachez vos tuques.