Archive pour grève

Montréal: un ami en prison / A Friend is in Prison

Posted in Appel, Réflexions with tags , , , , , , , , on 2015/04/22 by anabraxas

ENGLISH VERSION BELOW

On reçoit et retransmet le texte du Groupe de soutien un étudiant gréviste (dont on conserve l’anonymat, par solidarité), qui vient de se faire nier une liberté conditionnelle et sera retenu en prison pour un bout encore…

Mon ami est en prison

Mercredi dernier, le 15 avril, mon ami s’est fait arrêter à l’UQAM en soirée. Ce sont des gardas qui l’ont suivi dans les couloirs. Illes ont contacté les flics qui sont venus l’arrêter. Il a passé la soirée au Centre opérationnel. Il devait être mis en liberté à la cour municipale, mais la procureure était intraitable, son enquête sur remise a été remise au lendemain. On l’a envoyé passer la nuit à Rivière-des-prairies (RDP), une prison pour hommes au nord de Montréal. Le lendemain, vendredi, nous avons organisé une vigile de soutien devant la cour municipale et avons passé la journée à attendre que vienne son tour. Nous étions une trentaine. Au terme de son enquête sur remise en liberté, le juge s’est opposé à le libérer avant son procès. D’ici là, il devra purger une peine sans procès à RDP. Le juge a invoqué comme argument principal que s’il libérait notre camarade, cela nuirait à l’opinion publique et que la population n’aurait plus foi en notre magnifique système judiciaire. Il a également parlé que la confiance du public en la gestion de la justice qu’il importait de préserver, concernait la « population bien informée ».* En cela, il faisait référence à ceux et celles qui lisent les journaux et écoutent la télévision tous les soirs, bref un hymne aux médias de masse. Au contraire de ce que le juge a affirmé, il paie le prix individuellement d’un mouvement collectif déjà fortement réprimé, donc l’emprisonnement de notre camarade n’est rien d’autre que politique.

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Souriez, Big Brother a les yeux crevés! / Smile, Big Brother’s blinded!

Posted in Actions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2013/03/05 by anabraxas

Trouvé sur Anews

Montréal: souriez – vos caméras ne fonctionnent pas

Dans la nuit du 26 fevrier, inspirés par les attaques contre la police et la volonté des manifestant-es de ne pas vouloir être dispersés durant la manifestation cet après midi, un extincteur rempli de peinture a été utilisé afin projeter de la peinture sur une caméra de sécurité et pour faire un énorme (A) sur le mur du Cégep du Vieux Montréal. Dans la nuit du 3 mars, nous avons brisé une caméra de sécurité du Cégep Maisonneuve en lançant un bloc de béton du toît sur celle-ci. Les portes de l’entrée principale ont étées brisés à coups de marteau.

Parce que nous en avons plein le cul de la démocratie étudiante. Parce que le « 50% + 1 » est un frein à la révolte et créer l’isolement des idées et des individus. Et surtout, parce que la majorité est la plus part du temps de l’autre coté des barricades ou simplement assit devant leurs télévisons. Parce que y’en a marre de ces systèmes de contrôle social, des caméras qui nous scrutent où que nous soyons, des gardes de sécurité qui sont dans chaques couloirs, des flics dans les rues, des délateurs qui nous trahissent, et nous allons agir contre toutes ces formes de domination peu importe le résultat d’un vote en assemblée générale.

Que la rage vive dans la rue et pas seulement dans des assemblés! Que toutes caméras sur nos chemins soient détruites! Que vive la révolte.

-des anarchistes

Camover USA

Les armes de leur réseau criminel ont été perquisitionnées

Pour remplir un extincteur de peinture:
-Seulement certains types d’extincteurs peuvent être remplis; ils sont habituellement de couleur argent, le modèle le plus petit se met bien dans un sac à dos alors que l’autre modèle est trop grand pour le sac à dos. Les deux grandeures ont un embout sur le dessus qui s’enlève, et doivent avoir un embout pour une pompe à vélo (pour les représsuriser).
-Videz l’extincteur de son contenu et enlevez le dessus (la gachette et le tuyau). Pour le plus grand format, videz un galon de peinture latex dans l’extincteur. Remplissez ensuite ce même galon de peinture à la moitié avec de l’eau et ajouter l’eau à la peinture déjà mise dans l’extincteur. Il est supposé avoir assez d’espace pour l’air.
-Remettre le dessus de l’extincteur et brasser le contenu pendant quelques minutes pour bien mélanger.
-Mettez de l’air dans l’extincteur, vous pouvez utiliser une pompe à vélo manuelle, pomper jusqu’à ce que l’éguille soit dans la zone verte.
-Nettoyez bien l’extincteur afin de ne laisser aucune empreinte, utiliser de l’alcool à friction.
-Utile pour les caméras hors d’atteinte, pour faire des énormes graffitis, pour projeter sur les visières de l’anti-émeute, pour rajouter de la couleur aux voitures de police afin de bloquer leur vision durant les manifestations – les possibilités sont infinies!

La publication de ce communiqué s’est faite d’une façon sécuritaire en utilisant Tails sur un ordinateur anonyme (lié à aucune personne et l’adresse Media Access Control à été changé) et en utilisant un réseau sans fil non-sécurisé trouvé sur la rue et caché de la vue de toute caméras.

Montréal: smile – your CCTV cameras don’t work

During the night of February 26, inspired by the demonstrators that afternoon who attacked the police and refused to be dispersed, we used a fire extinguisher filled with paint to spray a CCTV camera and a large (A) on the walls of Cégep du Vieux Montréal. During the night of March 3, we broke a CCTV camera at Cégep Maisonneuve by dropping a slab of concrete onto it from the roof. The front entrance windows were also smashed with a hammer.

Because we’ve had enough of student democracy. Because the “50% + 1” functions to control revolt and isolates ideas and individuals. Because the majority is often found on the other side of the barricades, or simply in front of their TVs. Because we are enraged by this system of social control, the cameras scrutinizing our movements, the guards in every hallway, the police in the streets, the snitches who betray us, and we will act against all these forms of domination regardless of a vote in a general assembly.

Let our rage live in the streets and not only in the general assemblies. Let’s clear the streets of the eyes of power. Let’s live revolt.

-some anarchists

To fill fire extinguishers with paint:
– Only some extinguishers can be refilled; they are usually silver, come in smaller backpack sizes and larger sizes, and the top can screw off.
– Empty the extinguisher of its contents and pressure, and unscrew the top. For the large version, pour a gallon of latex paint into the top with a funnel, and then half that amount of water. There should still be enough room for air.
– Replace the top and shake for a few minutes to mix its contents.
– Pressurize the extinguisher to the green zone on the gauge with a bike pump.
– Wipe down with rubbing alcohol to remove any prints.
– Useful for out-of-reach cameras, enormous graffiti, riot police visors and police vehicle windows to obscure their vision during demonstrations – the possibilities are endless!

This action was claimed securely by using Tails on an anonymous laptop (not linked to anyone, with the Media Access Control address changed), and by accessing an unlocked wifi network found on the street and hidden from the view of any cameras.

CÉGEP du Vieux Montréal, a year ago

29 mars: la grève générale met Barcelone en feu

Posted in Actions, Reportages with tags , , , , , on 2012/04/06 by anabraxas

Compilation d’articles parus sur Juralib, Sabotagedia et Rebellyon

Barcelone, 29 mars: fin de la paix sociale?

Dans un contexte social déjà tendu, entre coupes budgétaires et chômage massif, le gouvernement espagnol du Parti Populaire lance un nouveau projet de réforme du code du travail. Celui-ci est dans la droite ligne du libéralisme sauvage imposé par les marchés via la Banque Mondiale, le Front Monétaire International et la Commission Européenne. Il accentue encore la précarité au travail en supprimant quasiment les Contrats à Durée Indéterminée facilitant la possibilité de licencier des patrons [vidéo en espagnol expliquant la reforme ici]. Exemple parmi tant d’autres : la période d’essai passe de trois mois à un an, période pendant laquelle on peut se faire virer du jour au lendemain sans raison… Face à cela, les syndicats majoritaires — CCOO et UGT —, pourtant habitués à négocier sagement avec l’État et le patronat, ont décidé d’appeler à une journée de grève générale le 29 mars. Si ces organisations sont largement discréditées par la société, l’ampleur de l’attaque a suscité un tel rejet que tous les secteurs se sont unis à cette journée d’action.

Grève générale en Espagne, combats à Barcelone

Ces dernières semaines, l’ambiance se chauffe peu à peu. Les rues se couvrent d’autocollants, affiches et tags, Internet bouillonne d’appels à participer à la grève. Les assemblées de quartiers et de villages, issues du mouvement 15M de l’année dernière, se réorganisent après un moment de baisse d’activité. Ainsi, la veille, plusieurs quartiers de la ville convoquent à une « cacerolada » (manifestation avec des casseroles sur le modèle argentin) et déambulent dans les rues pour expliquer la grève et inciter les petits commerces à fermer. Le soir même, à minuit pile, plusieurs piquets ambulants ferment les bars bobos des quartiers gentrifiés. Dans le centre, plus d’une centaine de personnes invitent à sortir les clients des bars et ferment les rideaux de fer énergiquement. Le cortège se dirige vers les discothèques pour les fermer. Sur une des grandes avenues de la ville, un loto est toujours ouvert. La tension monte et deux personnes — dont les médias disent qu’elles participaient au piquet — pénètrent dans le local et partent avec la caisse (environ 2000 euros).

Toute la nuit, de nombreuses actions communicatives et/ou de sabotage (surtout contre les supermarchés et les banques) sont réalisées et tôt le matin, les grands axes de la ville sont coupés par des rassemblements syndicaux ou des barricades de pneus enflammés. Peu après, commencent les piquets ambulants des quartiers — plus d’une vingtaine au total pour la seule ville de Barcelona. Ceux-ci sont également parfois assez agités, avec des situations tendues dans les commerces ouverts, des sabotages de bus ou de métro couvrant les services minimaux accordés par les grands syndicats et du blocage de flux avec des dizaines de barricades dans les rues. Plusieurs personnes se font arrêter pendant ces actions. Des colonnes de fumées apparaissent depuis différents points de la ville. Et la grève est LE sujet de conversations et de débats spontanés dans la rue.

À 12h, les piquets des différents quartiers se dirigent vers le centre pour le piquet unitaire, fermant tout sur leur passage. En 2010, pour la dernière grève générale, le rassemblement avait été un succès en terme de nombre avec plus de 4·000 personnes [voir récit de la greve générale de 2010 ici]. Aujourd’hui, c’est plus de 20·000 personnes qui depuis la Place Catalunya montent vers les quartiers financiers où attendent les piquets venus des hauteurs de la ville. Au bout de quelques minutes, la Bourse, étrangement laissée sans protection, est attaquée, avec un feu de poubelle devant la porte. Les Mossos (Police Catalane) débarquent à toute vitesse et chargent mais la manifestation tient et se poursuit assez tranquillement dans la luxueuse avenue du Passeig de Gracia. Arrivés en haut, il y a tellement de monde que l’on en sait pas ou est le début et la fin du cortège.

Un mouvement se crée finalement vers la Diagonal, artère huppée de la ville. À un croisement, un énorme feu est allumé et le siège sociale de Banc Sabadell (une des principales banques du pays et responsable de l’expulsion de milliers de foyers ces dernières années) est totalement détruit puis incendié. À deux rues de là, le reste de la manifestation ne se rend compte de rien et l’ambiance y est plutôt familiale, colorée et festive. Les pompiers arrivent. Certain-e-s manifestant-e-s parlent avec eux et leur demandent de ne pas éteindre les barricades enflammées. « Ça serait dommage que l’on doive vous crever les pneus », entend-on. Les pompiers se déclarent solidaires de la grève, mais finissent néanmoins par intervenir (c’est quoi déjà la solidarité avec les grévistes?).

Les barricades et banques s’enflamment à Barcelone

À 16h30, plusieurs manifestations sont convoquées notamment par les indépendantistes (marxistes), les « iaioflautas » (collectif issus de la commission « personnes agées » du 15M) et les organisations anarchosyndicaliste CGT-CNTs (enfin réunies, après des décennies d’obscures scissions internes). Le cortège libertaire est impressionnant, avec plus de 10·000 personnes. À peine commencé, un groupe détruit méthodiquement les vitrines des banques. Une partie des manifestant-e-s applaudit chaque action mais une autre s’y oppose parfois physiquement. La foule arrive finalement près de la place Catalunya où convergent les différents cortèges à l’appel de la commission « travail » du 15M. Au coin de la place, les deux manifestations se rencontrent en criant « A, Anti, Anticapistalistas !« . Alors que la tête de la manifestation unitaire avec le camion sono attend pour sortir, avec des dizaines de milliers de personnes derrière, les vitrines du Corte Ingles, le symbole du capitalisme espagnol, sont complètement détruites.

La police, présente à 30 mètres, charge ; mais il y a tellement de monde qu’il est tout simplement impossible de disperser la foule. Le journal El Pais parle alors de 275·000 personnes composant les différentes manifs qui bloquent la ville, alors que les syndicats en comptent 800·000. De fait, l’immense place et toutes les rues aux alentours sont remplies à craquer. La police ne laisse pas sortir la manifestation de la place, immobilisant le camion sono, et il y a une sorte de flottement. La situation devient alors incontrôlable : dans un autre coin du Corte Ingles, les manifestant-e-s font reculer la police ; un énorme feu est allumé, puis un deuxième, et certain-e-s commencent à casser les vitrines du centre commercial sous les hourras de la foule, qui demandent en chœur qu’on l’incendie (de la même manière que le Starbucks, qui, à une dizaine de mètres, vient d’être saccagé et incendié).

Derrière, la situation est chaotique : beaucoup critiquent mais restent curieux de voir ce qui se passe, beaucoup sont ravis et disent qu’ »ils n’ont que ce qu’ils méritent » quand tombe une nouvelle vitre, beaucoup d’autres n’ont pas trop l’air de savoir quoi en penser. Devant, ça chante « el pueblo unido jamas sera vencido« . La police essaye une nouvelle fois de charger en attaquant au flashball, mais la masse reste compacte et résiste, faisant même parfois reculer les flics à nouveau. Ceux-ci finissent alors par lancer des gaz lacrymogènes, ce qui ne s’est pas vu ici depuis plus de 20 ans. Tout le monde est extrêmement surpris ; la plupart des gens sait à peine ce que c’est. Mais la solidarité entre manifestant-e-s est impressionnante : l’eau et la bouffe se partagent, pendant que les blessé-e-s sont soigné-e-s sur place ou transporté-e-s vers l’arrière.

Une sirène retentit, mais cette fois, c’est un groupe de pompiers en grève et en uniforme venus participer à la bataille. Ils se mettent devant, parmi les manifestant-e-s, et aident à relancer les grenades lacrymogènes. La police parvient malgré tout à vider la place Catalunya et occupe alors tous les accès. Tellement de monde, situation incontrôlable. Les barricades enflammées se multiplient. Pour autant, les gens sont à la fois en alerte et détendus, se promenant au milieu du bazard. Le ballet des camions de flics qui passent à toute vitesse pour semer la panique (par peur d’être pris pour cible ?) fonctionne de moins en moins, alors que les deux hélicoptères tournent en tous sens entre des colonnes de fumée. Il ne doit pas rester beaucoup de vitrines indemnes dans ce coin hyper friqué, quand les rues du centre se vident peu à peu, sur fond de sirènes omniprésentes dans toute la ville.

Le lendemain, les pouvoirs politiques et policiers essayent, via les médias aux ordres, de transmettre l’image d’une grève peu importante et d’un phénomène marginal de violence dans les rues de Barcelona. Le gouvernement espagnol refuse même de négocier avec les syndicats majoritaires, qui proclament à tout va que la lutte doit se poursuivre. Le gouvernement catalan ne parle, lui, que d’un problème d’ordre public, cherchant à durcir ses lois. Selon lui, la seule solution possible est de criminaliser la « délinquance minoritaire », et notamment la cinquantaine de détenu-e-s dont trois ont éte placé-e-s en détention préventive. Comme si ce qui constitue l’une des plus importantes journées de révolte populaire depuis la chute de la dictature fasciste n’avait pas pour origine l’injustice croissante du système et le rejet frontal des politiques. Les informations pullulent sur Internet, notamment via une agence de presse parallèle organisée avec les journaux, radios, et télés alternatives locales ou via Twitter.

Le printemps s’annonce chargé, puisque le 3 mai se rassemble la Banque Centrale Européenne à Barcelone. Le 12 mai se tient la manifestation unitaire du 15M, avec certainement des nouvelles occupations d’espace public sur tout le territoire espagnol. Et enfin, le 15 mai, une journée mondiale d’action internationale contre le système financier est appelée par une coordination d’activistes des 15M espagnol, de Ocupy Wall Street ou San Francisco, de participant-e-s aux révoltes de Tahrir, de secteurs en lutte d’Amérique du Sud, etc.

L’histoire n’est pas terminée. Nos vemos por las calles !

À Barcelone… ça ne fait que commencer.

(quand Starbucks rencontra Moby Dick)

Autres vidéos et photos sur Contrainfo

Addendum: En guise d’à-propos, l’admin de ce blogue qui retransmet, avec plaisir, ces infos désire exprimer sa grande « indignation » face aux robots bureaucrates de la CLASSÉ, surtout de sa « Division des communications », pour se foutre (démocratiquement!) des mouvements de luttes comme celui-ci, ainsi que des luttes bien plus stratégiques et en profondeur qu’une enième manif contre les stupides bureaux de Loto-Québec, telles que celles menées, ici-même, contre le Plan Nord ou bien le développement techno-scientifique, enjeux de loin plus cruciaux pour ce gouvernement corporatiste que la vente de billets de lotterie à la con. Leur censure (refus de couvrir, et donc de supporter) de tout ce qui semble leur paraître comme « trop radical » comme actions et soulèvements populaires, surtout en parallèle à leur léchage de cul des médias corporatistes (qu’ils devraient plutôt avoir comme cibles, car détenus par les mêmes riches exploiteurs qui couchent avec le gouvernement… mais non attendez, ils portent quand même le carré rouge sur leur logo!) est enrageante.

Bref, trop souvent, les (in)communications de la CLASSÉ puent le renfermé. Pas (ou une quantité insignifiante) d’efforts sont faits pour mettre cette grève en perspective avec les luttes parallèles ici et ailleurs dans le monde, contre l’austérité et l’invasion de la haute finance. On est pas loin de la rhétorique vide et préfabriquée des fédés… (peut-être y est-on?) juste légèrement plus épicée, saveur Radio-Canada/La Presse, prenant soin de pas trop brasser la cage, de pas trop aller au fond du problème. Typiquement démocratique, tout ça… à l’image de l’aliénation des masses, de la pensée unique, de l’auto-délation inconditionnelle et irréfléchie à Facebook.

Or j’appelle à tous les chères lecteurs-trices à donner à ces petits blancs-blecs de mâles privilégiés jouant aux révolutionnaires avec leur carré rouge, ces petits socio-démocrates et corpocrates en herbe, ces candidats d’un autre parti politique à la solde du FMI, la claque sur la gueule critique qu’ils méritent, pour leur tentatives de forcer le mouvement dans l’entonnoir politique de leur revendication unidimensionnelle, nationaliste et tout-compte-fait bien polie envers le pouvoir capitaliste. Faites-le durant leur congrès… les manifs… dans vos assos… ou en attaquant leur(s) page(s) Twitter/Facebook de merde… mais je vous incite, encourage, convie à le faire, de tout coeur.. Et ce n’est pas une critique contre le mouvement de grève, ni ses causes (que j’appuie) mais contre ceux qui se veulent être ses « chefs » et osent parler au nom des foules, dans leur langue de bois qui étouffe la diversité des tactiques et perspectives.

Ici comme en Espagne, les élites bureaucratiques du mouvement sont, avec la Police, l’élément le plus contre-révolutionnaire. Car quand on est plus de 200 000 jeunes dans les rues du centre-ville d’une métropole, et qu’ils nous amènent à rentrer chez nous après seulement quelques heures passées à nous tenir en laisse, c’est un acte servant l’ordre capitaliste avec une efficacité qu’aucune Police ne peut égaler. Ce qu’ils ne font pas avec les « paniers à salade », ils le feront avec des autobus jaunes, et le contrôle des foules, c’est dégeulasse et despotique, qu’il soit planifié dans un meeting d’asso comme dans un briefing de flics. Que la grève soit sociale, et la résistance mondiale!

Solidarité avec les grévistes de partout.

Pour l’arrêt définitif de ce monde, de sa civilisation, pour atteindre son Point de non-retour.