Archive pour critique

Does digital messianism really means « trouble in paradise »?

Posted in Réflexions, Reportages with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2014/01/05 by anabraxas

 But why should I care? Why should we, the lowly proles, care about it?

Most of you have been following the poignant spectacle in the shape of a major clash of the titans taking « place » through the mainstream media. The new hacktivist elite, that gathered wind from the Edward Snowden affair, seems now to be into full recuperation mode, with « good cop » human rights activist-reporter Glenn Greenwald making a world tour with his secret stash of about 50 000 documents acquired from Edward Snowden. From this ongoing global intrigue of spies, hackers, cyber-activists, left-wing journalists and billionaire scum, it isn’t strange to feel somehow dispossessed, clueless, helpless about a battle that is raging high above in the clouds, among the lords the tech industry and the higher caste of the NSA. Or is it.

There’s now a build-up of evidence that this whole charade may be after all just a big stunt -at least from the Greenwald/Poitras side of things- as the thin layer of ice covering muddy waters that reek corporate collaboration with the NSA is starting to crack there and there.

Twitter: where only a few words says it all, and the human minds forced down the digital molds of sheepdom. Idiocracy Now!


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(Québec) Sur la putasserie citoyenniste de la « société civile », et son utilité pour les gros profiteurs

Posted in Réflexions with tags , , , , , , , on 2012/03/02 by anabraxas

LETTRE OUVERTE – Minalliance et l’Institut du Nouveau Monde: une collaboration de « mauvais aloi ».

Écrit par un collectif

Il est des moments où la naïveté devient coupable, il est des moments où les fausses prétentions ne convainquent plus. La collaboration annoncée entre l’Institut du Nouveau Monde et Minalliance pour l’organisation de « conversations » publiques sur la question des mines au Québec est manifestement de ceux-là.

Que sont l’un et l’autre ? L’Institut du Nouveau Monde, hautement financé par le gouvernement du Québec, se présente comme une organisation favorisant pêle-mêle la participation de la société civile à différents débats de société. Pour sa part, Minalliance n’est ni plus ni moins qu’une instance de relation publique mandatée par l’industrie minière pour orchestrer des opérations de charme auprès du public québécois, en faisant valoir sa « contribution positive » au développement du Québec selon un mode qui rappelle drôlement ce que le père des relations publiques, Edward Bernays, désignait en son temps du nom de « propagande ».

Les deux groupes organiseront en mars prochain une tournée de consultation au Québec sur notre avenir minier… que Minalliance financera seule. Rien n’échappant aujourd’hui à la commandite privée, voilà que même le processus de délibération publique sur l’avenir de nos richesses collectives et sur la notion même de bien public se trouve financé par des sociétés privées, qui plus est, dans ce contexte, celles qui ont le plus intérêt à voir le débat pencher en leur faveur, les minières. Que ce soit l’industrie qui circonscrive en Minalliance la scène du débat politique la concernant suscite un profond malaise, d’une part. Que l’Institut du Nouveau Monde cautionne le processus au nom usurpé de la société civile laisse très perplexe, d’autre part. Cette initiative se donne faussement les allures de commission de consultation publique, dont on pourrait plutôt s’attendre à ce qu’elle soit présidée par une instance tierce telle que l’État, si seulement le gouvernement du Québec acceptait que puisse être compromis par le fait même le « Plan Nord » dont il est le promoteur.

Après avoir vu l’Association canadienne des producteurs pétroliers si récemment influencer le contenu d’une exposition du Musée des sciences et de la technologie du Canada sur la question du pétrole elle-même, au prétexte qu’elle la finançait, on ne peut pas aujourd’hui prétendre sérieusement penser qu’un lobby aussi puissant que celui des mines finance magnanimement un processus de consultation concernant directement ses intérêts, sans chercher à en contrôler et le cours et l’issue. Tout cela fleure bon une entreprise de récupération à laquelle il est gênant de voir l’INM, mais surtout le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, Solidarité rurale du Québec, Nature Québec et la Coalition Québec meilleure mine – membres du comité consultatif de la tournée – prêter leur concours, alors que nous les savons de bonne foi. Cette conversation publique fait mesure de diversion, tout en consommant les ressources limitées des groupes citoyens participants. Ne cherche-t-on pas ici à neutraliser le débat qui s’impose sur un changement fondamental qu’il faut apporter de toute urgence à nos politiques minières ? (ou plutôt notre praxis???)

Il faudra rapidement convenir que les délibérations factices témoignant de la nouvelle culture politique de la « bonne gouvernance », telles que celles qui s’annoncent, ont collectivement un prix. Les traités des tenants de ces procédures délibérantes modifiant en profondeur nos traditions politiques sur le mode de la gestion managériale d’entreprise en témoignent. Surtout, cette approche cherche à présenter comme égaux des acteurs civiques qui ne le sont pas, tout en postulant leur inégalité quand vient le temps de réaliser concrètement les projets de développement à l’ordre du jour. Si une organisation civique souhaite compter sur un strapontin dans ces forums conduits par l’industrie, il devient impossible pour elle de se dire contre l’exploitation minière, par exemple en ce qui regarde l’exploitation de l’or et les diamants – des projets souvent coûteux socialement et écologiquement qui ne concernent que des produits somptuaires ou les logiques du capitalisme financier. Regardez le malaise des représentants de la « société civile » à cet égard.

Cette procédure consultative risque de coincer ses participants dans des questionnements techniques, sur les taux de redevances par exemple, qui impliqueront d’emblée leur aval aux projets de développement minier, en escamotant ainsi l’enjeu fondamental de la pertinence d’exploiter notre territoire sur le mode induit par l’industrie, à son profit. La conversation publique sur l’avenir minier du Québec restera une « conversation ». Mais en fin de compte, Minalliance et tous ses membres sortiront de ces causeries en brandissant un rapport insignifiant pour elle, sinon que pour se dire quitte de son devoir de consultation. Ils promettront de considérer les doléances que leur aura présentées un public policé et docile, tout en allant de l’avant avec des projets d’exploitation minière tels qu’on les a toujours connus au Québec.
Pour ceux qui ont de la mémoire, on assiste tout simplement au déploiement de la stratégie de la carotte et du bâton à laquelle l’industrie extractive nous a habitués : des poursuites judiciaires qui ont toutes les apparences de procédures abusives contre les récalcitrants critiques, en parallèle de campagnes de charme très souvent menées sous de fausses représentations pour séduire les autres.

Texte original: Montreal Mediacoop

Note: pour être intègre dans mon accord avec le propo de cet article, j’ai retiré le lien pour le blogue « Pour que le Québec ait meilleure mine ». Les collabos méritent de finir dans le même trou que leurs ennemis-partenaires. La diversité des tactiques et perspectives a ses limites, là où commencent la collaboration avec le Pouvoir et le Capital.  -Vn

Le capitalisme ne peut être éco-compatible

Posted in Réflexions with tags , , , , , , , , on 2011/03/08 by anabraxas

La banlieue: cimetière civilisationnel

(republication d’un texte de l’hiver dernier)

La nature est devenue matière à mathématiser afin de l’appréhender dans un schéma techno-scientifique mu par les besoins présents, mais surtout à venir, du capital. La connaissance scientifique de la nature, de ce substrat conceptuel dans l’indéfini supposé de ses possibilités, précède le développement du productivisme capitaliste. Sa mathématisation, même s’il elle comporte des possibilités d’accroitre nos connaissances afin de pouvoir envisager sereinement une évolution de notre propre découverte (dans une vision holistique), permet en toute priorité à notre époque et dans le paradigme qui est le nôtre, son exploitation effrénée par un système de production ayant fait depuis longtemps de la science sa section d’éclairage. L’économie éhontée qui est trop souvent faite du principe de précaution dans le domaine de la recherche appliquée en donne un illustre exemple. La techno-science a un rôle dans « l’abstractité » de la pensée dominante, tout en étant elle-même issue de cette dominance (des rapports sociaux abstraits de production), dans la mesure où elle renforce le fétichisme d’une nature soumise à un état de marchandise en puissance et par là même, autorise la reproduction du procès cyclique et répétitif de la valorisation.

La nature est donc conçue comme une matière vivante à dominer (autour de nous et en nous), comme une infériorité, féminisée comme il se doit et dont le sort logique est d’être offerte aux divagations de l’intellectualisme rationnel, fruit des rapports sociaux productivistes, et se concrétisant dans le scientisme carriériste et égotiste à la solde de l’idéologie rationaliste. Or, derrière ce concept historique de nature, c’est la vie (ou le rapport à la vie et ses diverses formes) qui s’y trouve recluse, réifiée, extériorisée et à quoi il est nié en ces temps de recherche effrénée de performance de posséder ses propres limites face aux besoins grandissants de l’économie vorace. C’est ainsi qu’il devient alors possible, sans tenter de changer ce paradigme, de considérer autrement cette nature en se donnant alors l’impression de pouvoir changer les rapports que nous entretenons envers elle ; et en partant d’un tel présupposé, nous sommes enclins à penser que l’idée de la nécessité de préserver la nature participe en réalité à la poursuite de la domination d’une part de nous-mêmes sur une autre part, infériorisée, sous des formes plus ou moins différentes, et ce dans une incapacité de mettre radicalement en cause « notre » système de rapports sociaux de production et donc de domination.

La nature peut être conçue dans une visée utilitariste, et la nécessité de sa protection ne dépasse pas cette visée, elle l’utilise même. La polarisation et la séparation persiste ainsi que toute recherche de valorisation par d’autre voies. C’est ainsi que certains en viennent à parler de droits qu’il faudrait concéder à la nature sauvage et à ceux(celles) qui la compose comme d’une intégration au système du « fétichisme juridico-politique » (Antoine Artous) qui, loin de prémunir de la domination totale du système marchand, permet au contraire à celui-ci de faire perdurer et d’accroitre sa main-mise sur la vie. Non pas que la protection de la nature dans sa phase pratique ne puisse trouver grâce à nos yeux en maintes circonstances, mais la mise bout à bout de ces deux termes : « nature » et « protection », ne saurait être le la d’une critique et de pratiques visant à expurger de nos esprits, et du monde par conséquent, des causes réelles et profondes de la mise en danger de la vie.

Il n’est pas dans l’intérêt du Capital de porter atteinte à la « nature » malgré que se soit là sa tendance pourtant, du fait du rapport contradictoire qu’il entretient avec la vie. Cette tendance immanente à sa dynamique d’auto-accroissement annihile par le fait tout projet écologiste qui ne remet en cause radicalement ses fondements, et c’est ainsi, entre autres, que « pour Marx, ce modèle de croissance est à double face : il entraîne l’expansion permanente des capacités productives humaines, mais cette expansion, liée comme elle l’est à une structure sociale dynamique aliénée, revêt une forme débridée, illimitée, accélérée, sur laquelle les hommes n’ont aucun contrôle. Indépendamment de toute considération sur les possibles limites à l’accumulation du capital, l’une des conséquences de cette dynamique particulière – qui produit de plus grandes augmentations de richesse matérielle que de survaleur -, c’est la destruction accélérée de l’environnement naturel. Selon Marx, par suite du rapport entre productivité, richesse matérielle et survaleur, l’expansion continue de la survaleur a de plus en plus de conséquences désastreuses pour la nature et pour les hommes... ». Le Capital s’est emparé de la nature et en a fait un des éléments indispensables de son auto-valorisation. Il a ainsi réifié notre rapport à la vie en excluant de l’organisation structurelle rationnelle et de plus en plus « cybernétisée » qu’il impose, la spontanéité, l’imprévisibilité, l’auto-accomplissement, la recherche immanente d’autonomie et d’inter-dépendance qui sont comme autant d’expressions des rapports directs qu’entretiennent les êtres avec la vie, avec eux-mêmes.

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ou Écologie et émancipation