Archive pour conflit social

Québec: sabotage ferroviaire contre la Conférence des capitalistes

Posted in Actions, Appel, Réflexions, Reportages with tags , , , , , , , , , , on 2012/06/15 by anabraxas

Trouvé sur Juralib

Une voie ferrée d’importance a été sabotée ce mercredi 13 Juin au soir, dans un secteur rural près de Farnham, Qc, en réponse à l’appel de la CLASSE pour des actions nationales contre la Conférence de Montréal, du « Forum Économique International des Amériques », un meeting de gros gangsters corporatistes.

Le système de signalisation a été déclenché en sabotant une boîte électrique contrôlant les signaux de train à une intersection, provoquant une éventuelle suspension de la circulation des trains sur cette voie durant quelques heures. Ce lieu a été soigneusement choisi, non seulement à cause de la facilité de la tâche, mais surtout l’importance de la marchandise qui y circule, notamment beaucoup de sale pétrole provenant des sables bitumineux de l’Ouest, avant que cette voie unique ne se sépare vers des destinations comme le techno-parc de Bromont, Sherbrooke et plus loin vers la Nouvelle-Angleterre.

Ce n’était qu’un début. Il y a de nombreux autres flux cruciaux au fonctionnement de ce système d’oppression et sa marchandise sacrée, et nous promettons de recommencer, et frapper des cibles qui feront toujours plus mal. Vu notre nombre indéterminé (ce n’est pas un « comité invisible » pour rien), il est fortement recommandé que chaque gréviste et sympatisant(e) s’y mette aussi la main à la pâte, seul(e) ou en groupe, car nous ne croyons pas que des manifs bien gentilles seront suffisantes pour perturber le système des « osties de crosseurs » et créer un rapport de force suffisant pour faire plier le Pouvoir. Et la preuve est là… des mois de grève, et malgré nos bons coups et grandes réussites, surtout face au despotisme judiciaire-policier, le gouvernement se fout toujours autant de nos revendications, et les flics s’en prennent maintenant à des dissident(e)s comme à de dangereux criminels. Nous sommes sous une dictature, car ce qui est un haut crime, maintenant, c’est la liberté.

De laisser son train rouler — celui qui lui permet de tirer profit de son exploitation dévastatrice — c’est de collaborer dans le silence. Assez de cette soumission de merde ! Ça ne peut plus continuer comme ça. La société techno-industrielle, parce qu’elle intoxique le vivant, doit être forcée à l’arrêt, sinon c’est elle qui nous forcera dans l’hécatombe. Fukushima n’a été que le premier signe de la catastrophe en cours. Nous voulons nous assurer que les capitalistes paient pour ces abus. Peut-être la facture n’a pas été assez salée pour eux, mais nous pouvons y ajouter notre grain de sel.

Le sabotage n’est pas une tactique avant-gardiste ou du vandalisme infantile, et ce n’est pas non plus de la provocation de la part de « casseurs étrangers au mouvement », comme ces sales flics nous crachent aux oreilles (qui est assez stupide pour encore les croire ?). Le sabotage a été par le passé un recours tout à fait rationnel et légitime, renforcissant toutes les grèves qui ont changé l’histoire. Face à une machine qui ne discute pas, qui impose ses conditions par le dictat, le sabotage est une des façons de communiquer sa révolte en la joignant à d’autres, tout en imposant ses propres conditions aux escrocs au pouvoir; qu’ils marchent, ou que leur système crève!

Ce petit geste de résistance au train du capitalisme industriel — qui est maintenant devenu hors de contrôle — a été commis en solidarité avec tous-tes les arrêté(e)s en relation à la semaine du Grand Prix — où la Police se mit au service de Bernie Ecclestone, riche et fasciste notoire — en particulier pour Mathieu Girard, brutalement arrêté et détenu durant les funérailles de sa sœur (condoléances, camarade) et Andrea Pilote. Nous ne les connaissons pas, mais nous sentons profondément solidaires avec ces deux camarades victimes de violence policière. Comme avec les gens de la Fédération Anarchiste Informelle (FAI) d’Europe et d’Amérique du Sud, et les peuples autochtones de partout, en lutte pour le respect de leurs terres.

– Du Comité invisible pour la Fin de leur Histoire

Appel général aux grévistes: cassons le spectacle!

Posted in Actions, Appel, Réflexions with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2012/05/23 by anabraxas

Ce que le spectacle a pris à la réalité, il faut le lui reprendre. Les expropriateurs spectaculaires doivent être à leur tour expropriés. Le monde est déjà filmé. Il s’agit maintenant de le transformer.

– « La Société du Spectacle »

Sa violence systématique contre les grévistes et manifestant(e)s ainsi que son terrorisme de la Loi ne sont que les signes flagrants que cet État en est à ses derniers recours, faisant face à un soulèvement populaire qu’il ne parvient à gérer, ni contrôler, dû à son relatif manque de chefs et d’organisation centrale, à sa désorganisation constructive. La Police étant sa force armée la plus puissante en sol Canadien (davantage que l’armée désuette et inutile que nous avons ici) cette batterie de mesures dictatoriales, saupourées d’une couverture médiatique paternaliste et manipulatrice à l’extrême, sont parmi les dernières armes qu’il peut lancer contre nous dans l’espoir de nous faire peur, de nous faire plier à une soumission impossible, du moins pour un moment.

Du moins pour l’Été.

« C’est ça que j’aime! »

Mais pourquoi l’Été? Parce que, comme nombreux-ses doivent l’avoir déjà deviné, pour les capitalistes c’est la saison pour empocher un sacré gros tas de poignon. Durant les derniers mois, étudiant(e)s, grévistes, militant(e)s, nous avons porté atteinte au intérêts des profiteurs associés au gouvernement actuel en nous attaquant surtout aux flux, bloquant les rues, les ports, les ponts durant les heures de pointe, et mené aussi et surtout une lutte brave et largement victorieuse contre les injonctions en bloquant l’accès aux écoles en grève. Notre plus grande victoire, jusqu’à maintenant, a été celle d’affirmer notre pouvoir collectif contre les décrets, menaces et la condescendance du Pouvoir, réussissant à protéger nos avancées sur l’échiquier, en isolant toujours plus ses quelques despotes crapuleux dans leur fièvre de pouvoir, comme le Roi Lear dans sa tour. Et tout ça, sans avoir besoin d’un chef, seulement de figures et de porte-voix, car dans cette partie nous y sommes tous-tes joueuses-eurs pouvons tous-toutes y avoir une influence, à condition bien-sûr de passer à l’action.

Mais il y avait un aspect stratégique majeur que nous avons manqué lors de notre grande charge contre le système d’exploitation (entre autres de l’éducation) dont le gang de Desmarais profite le plus. Un aspect sans lequel l’économie techno-industrielle capitaliste ne pourrait subsister, et qui lui permet de progresser, d’avancer, de se maintenir et se multiplier. Un aspect à la fois si intangile et fragile que beaucoup passent à côté sans ne le remarquer, malgré qu’il se trouve pourtant juste sous notre nez, partout où il soit, surtout en ville. Non seulement ça, mais une forme d’oppression, de violence systémique qui nous harcèle continuellement, tente de dominer nos esprits par le martellement et la manipulation, en plus de nous donner un foutu mal de tête, d’yeux et oreilles. Une aggression qui est, en somme, omniprésente… et les matraques et gaz de la Police, et les prisons, n’en sont que les manifestations les plus physiques.

Cet aspect, vous l’avez peut-être deviné, c’est le spectacle. Comme dans la “Société du Spectacle” des situationnistes, ou bien l’industrie du spectacle, ce moteur qui génère des capitaux tout en restituant le Pouvoir à chaque jour. Cette machine à représentations illusoires, à divertissements préfabriqués, à loisirs prêt-à-porter, qui exploite et nous marchandise, et dont nos “artistes” sont parmi les producteurs-exploités centraux. Des travailleurs-euses, comme dans n’importe quelle autre industrie du Capital.

Le spectacle, dans ce système capitaliste mercantile, est une fonction de la marchandise, et la marchandise est aussi fonction du spectacle qui la représente. Et tout comme la marchandise, il est envahissant, englobant, il essaie d’être partout, sur nous et en nous aussi, tout en n’étant rien, rien d’autre que du vide; produit de la bulle spéculative, du rêve de l’appropriation de marchandise. Si la société n’est qu’une accumulation de spectacle, c’est parce qu’aussi par-derrière, il y a en parallèle une continuelle accumulation de marchandise. Cette économie en entier n’est que spectacle, car elle fonctionne essentiellement par les dictats de la spéculation.

Quoique l’industrie du spectacle est une machine qui soit abstraite, intangible, elle dépend radicalement d’une mobilisation massive de main-d’oeuvre et d’une panoplie de dispositifs, allant de l’équipement électro-acoustique aux kiosques d’information, aux transports et aux chapiteaux, et de la signalisation à l’éclairage. Tous ces facteurs pouvant être mis hors fonction, ou perturbés. Ce qui la rend si fragile dans son fonctionnement, c’est que celui-ci est fondé essentiellement sur l’image, l’image du faux. La scène devient alors le front guerrier divisant le public de la marchandise et du pouvoir, et lui foutant en tête l’image de ce que l’artiste n’est pas. Si moindrement cette image devient ruinée ou perturbée par un “facteur impertinent” quelconque, le spectacle peut rapider nous replonger dans la tragédie et l’ennui du quotidien. C’est quand le silence reprend le dessus, ou la discorde est créée , que la rupture l’emporte. C’est de tels scénarios dont les capitalistes, ceux qui runnent le show, ont peur, tels les despotiques metteurs en scène d’un vaudeville médiocre. Car si le spectacle est perturbé et devient dysfonctionnel, le mirage s’estompe, la statue craque, et les capitaux fuient comme les rats d’un navire qui sombre. Que le spectacle s’effondre ou qu’il devienne sa propre catastrophe en étant retourné contre le système qu’il nourrit, rien n’est plus dévastateur que des spectateurs-trices le faisant chavirer.

Pour revenir à l’immédiat critique de la réalité politique actuelle, c’est en grande partie pour éviter que des scénarios apocalyptiques arrivent au Spectacle que les autorités mettent toute la gomme, à ce moment-ci, pour nous faire taire, nous calmer, nous empêcher de faire continuer le VRAI FESTIVAL de la grève tout au long de l’été, pour sauver la face des inepties complètement vides qui ne veulent pas mourir, comme le Festival Juste Pourri et le Grand Prix du Capitalisme. Notre sacro-saint Festival de Jazz ne devrait pas non plus y échapper -surtout pas lui- tout comme les Francofolies -pourquoi pas- et le FFM… Alors que l’Été ouvre ses bras à nous, tout ce beau spectacle est maintenant à la portée de la grève! Continuons sur l’effort de Xavier Dolan, de faire répandre la grève parmi les artistes, car la grève est aussi à leur portée. Continuons aussi à donner une raison à tous nos camarades d’ailleurs, aussi, à venir faire les “touristes” pour nous aider à briser l’industrie du tourisme, cet été, et leur offrir refuge et camaraderie. Faisons-leur des tours de ville comme ceux des derniers jours, où on n’épargne ni banques, ni flics, ni magasins corpos, ni, surtout, la place publique privatisée et policée. Continuons de s’accaparer la rue et d’y transférer le Pouvoir, malgré la dictature dans le vent et le terrorisme arriéré de la Loi 78, malgré toutes les menaces de lourdes peines et caution dans les cinq ou six chiffres pour les dissident(e)s de toutes sortes. Comprenez le: les tribunaux ne vont JAMAIS faire payer Paul Desmarais pour son activité criminelle. C’est NOUS qui devons leur faire payer la facture, à tous ces patriarches héréditaires et leurs lèches-culs de sous-parasites.

Si nous avons eu la force et le coeur de surmonter tout ça jusqu’à maintenant, l’Été peut être le nôtre, comme le Printemps passé l’a été… Qu’il le soit!

Pour l’anéantissement de tous les Pouvoirs

du « Comité invisible pour la Fin de leur Histoire »

La loi spéciale, on s’en câlisse!