De sang froid… L’histoire n’attend jamais après personne

Traduction de « In Cold Blood… » publié il y a quelques semaines sur Interarma

Concernant les rassemblements et référendums de la démocratie complice

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Comme toujours, c'est nous qui l'écrivons... ou se refusons de le faire.

C’est parfois utile que de garder une distance par rapport aux événements avant de parler à leur sujet. L’anticipation et les temps frigorifiés de la captivité en prison facilite, néanmoins, d’avoir une tête froide distante des événements. Une distanciation qui s’auto-possède te donne l’opportunité d’observer les détails qui se trouvent à être habituellement ignorés et bulldosés quand notre sang est échauffé par les conditions du moment d’intensité. Or comme on dit, « le diable est dans les détails »…

i) L’ascension avant la chute (ou, « C’est pas un jeu, c’est les Balkans… »)

Les quelques dernières semaines en Grèce sont la crystallisation temporelle de plusieurs annes de crise économique internationale. C’est une période en Grèce où le moteur de l’histoire accélère, générant une nouvelle réalité d’esclavage. Les chaînes de l’économie étranglent, à nouveau, la vie d’une manière davantage suffocante. Notre existence entière s’est écrasée sous le poids des nombres, memorandums, taxes, banques, marchés et règles du jeu financier de l’économie…

Cependant, comme il a déjà été écrit, l’économie n’est pas que des chiffres placés sur un joli tableau; c’est le résultat de rapports sociaux hiérarchiques qui se reflètent à travers le langage des chiffres de l’argent.

Prenons le temps, tout d’abord, de retourner un peu dans le temps. Parce que la Grèce, avant qu’elle ne tombe au centre du moteur capitaliste de la crise et comme laboratoire de crash test, a expérimenté son propre miracle économique. Depuis les années ’80 et au-delà, la société et l’économie grecque ont connu des transformations. Le changement de pouvoir politique par l’entremise de la social-démocratie et l’État social a amené avec lui les « cadeaux » de la croissance économique et les promesses de petites propriétés, de carrières d’affaires et d’argent facile. Dans ces conditions la classe petite-bourgeoise et ses rêves se sont développé. La société Grecque cherche ses modèles de succès en imitant les façons de faire des pays Européens développés. La chute du bloc de l’Est, au début des années ’90, et l’effondrement du régime soviétique a déclenché un champs de changements sociaux qui n’a pas été cartographié. La Grèce, étant le seul pays capitaliste des Balkans, devint la Terre promise pour des centaines de milliers d’immigrants qui traversent les frontières pour jouir du « paradis » de la liberté. Les frontières, cependant, séparant le paradis de l’enfer sont souvent indiscernables. Pour les patrons locaux, les immigrants des Balkans et pays de l’ex-bloc de l’Est sont de la main-d’oeuvre bon marché, des corps forcés de travailler excessivement dans des conditions d’esclavage. Pour une part de la société Grecque, pas seulement dans les villes mais aussi dans les zone rurales, les immigrants sont une force de travail sous-évaluée utilisée dans des travaux lourds, une force de travail à être exploitée, insultée et utilisée pour nourrir la dope de la fierté nationale. Comme un vieux slogan disait: « la Grèce est devenu les USAs des Balkans ». Le capital Grec grossit alors que la petite bourgeoisie se donne des airs alors qu’elle jouit du miracle de la croissance économique Grecque réfléchie dans leur achat d’une deuxième voiture, d’un cottage et la démonstration de leur richesse. Maintenant, la petite bourgeoisie ne se contente pas seulement du l’achat et la possession d’objets; maintenant, les humains consomment des humains.

Pendant ce temps, la vision Européenne de la CEE exhulte le prestige Européen de la société Grecque moderne. Le charme cosmopolite d’être « Européens » fait halluciner, cachant le véritable potentiel d’un empire économique Européen qui vise à écrire, en premier, les termes d’une dépendance économique transnationale et l’esclavage des populations. Durant les premières années du modèle de la CEE, l’argent coule en abondance en parallèle aux promesses de développements futurs. Subventions, injections, programmes de soutien économique éblouissent la société Grecque de la même manière que les mirroirs des conquistadores éblouissaient les autochtones. En échange est exigé la totale dépendance économique au directorat central de l’Union Européenne, pour son contrôle sur l’économie nationale.

Ainsi, le modèle traditionnel de la tyrannie économique nationale de la part de patrons locaux rencontre le despotisme économique mondialisé moderne. Dans tous les cas, le monde continue de tourner autour d’axes économiques qui, peu importe l’administration (les gouvernants nationaux ou internationaux), enchaîne notre existence. Tout ceci sont les lignes d’un monde qui a remplacé la vie avec une circulation fluide d’argent et de produits de consommation. « Nous devons toujours apprendre à mettre la logique avant les émotions »; tel est la déclaration du Ministre de l’économie de Chypre, durant une récente réunion concernant la crise économique en Grèce. Il faudrait plusieurs pages de notes labyrinthiques, de sémantique économique, de pourcentages et beaucoup de chiffres pour analyser et décrir le modèle économique moderne. La seule relation qu’on partage avec la terminologie de l’économique en tant qu’anarchistes, cependant, en est une qui est absolument hostile.

À part de cela, nous avons dit que l’économie, ce n’est pas des chiffres et des tableaux statistiques; c’est un rapport social. Un rapport cannibaliste, dans lequel la satisfaction de patrons souriants est basée sur le pillage et l’exploitation de leur vassaux. Le moteur de l’économie est nourri avec des tonnes de sueur, du sang d’accidents de travail, de prosternations de travailleur-ses discipliné-es tout comme de l’ignorance heureuse d’esclaves salarié-es se tranformant en consommateurices et se mettent euxelles-mêmes sous verrou dans leurs cages.

Aujourd’hui, après le crépuscule du rève de la fécilité économique, la Grèce fait l’expérience d’un cauchemar de cannibalisme économique. Ce n’est pas que les scandales financiers des corporations, les pots de vins, ou bien l’arrogance de politiciens corrompus: c’est la pathogenèse du système économique entier. L’économie capitaliste (le même s’applique à chaque système économique), dans le but de survivre, produit ses propres exclusions, ses propres engrenages défectueux, ses propres engrenages « superflus mais utiles »…

La Grèce est l’engrenage défectueux de la machine économique. La chute des « USAs des Balkans » est, comme chaque chute; violente et soudaine. Une société grecque qui s’est habituée à une richesse facile et rapide vit maintenant le débris de ses rèves. Crise financière, saignées fiscales, file d’attente dans les soupes populaires et suicides contribuent au génocide social de notre temps. Un génocide qui est à la fois physique et moral, basé les décissions de l’autorité mais aussi dans l’acceptation silencieuse et les sourires complices d’un rôle social qui s’est senti comme un roi durant les années du progrès Grec. Ainsi donc la Grèce devient maintenant la scène de théâtre central à la « crise économique » du capitalisme internationale. Au cours des dernières années en Grèce une expérimentation économique a pris place, une expérimentation dans laquelle derrière la chute des cours de la bourse, se cache la chute des humains.

L’expérimentation ne vise pas à voir si les chiffres du marché vont tenir, mais plutôt à mettre à défi l’endurance humaine. L’argent, aussi, ne génère pas de profits en elle-même, c’est l’exploitation qui le fait. Le moteur de l’économie est au préalable nourri avec des volets humains, pour qu’il puisse donner naissance à la circulation de l’argent. La question, alors, n’est pas par rapport à la survie ou la réforme de l’économie, mais bien si on accepte de vivre en tant qu’humains ou esclaves…

ii) L’engourdissement du milieu anarchiste et les lectures accomodantes de l’histoire

En parlant d’aujourd’hui, où des tonnes de gens voient la crise économique, nous, comme anarchistes, pouvons y voir une opportunité. Une opportunité pour dérailler le train de l’histoire. Une opportunité pour causer une craque dans l’armure idéologique, centrée sur l’économique, de l’autorité. La crise économique déclenchée par le capitalisme crée un court-circuit dans sa mécanique systémique qu’on peut exploiter à notre bénéfice et continuer de répandre la rupture avec son ‘existant’. Le dilemme est spécifique; soit qu’on augmente les possibilités pour une déstabilisation violente et armée du système, ou bien on se perd dans l’assimilation, suivant l’alternative des voies réformistes de l’espoir et de réformer le discours oppositionnel… La réponse sera jugée par l’histoire et chacun-e devra confronter ilelle-même ainsi que sa propre dignité…

En Grèce, l’arrivée d’un gouvernement de Gauche a amené avec elle les illusions et visions d’une justice sociale pour un public hâtif de consommer, anxieux de consommer de l’espoir. Plusieurs oublient que la façon la plus drastique de se libérer c’est de premièrement se débarasser de ceux qui s’imposent comme nos sauveurs et nos « libérateurs »…

Parmi le public de consommateurs d’espoir il y a une partie du milieu anarchiste. Certain-es de ces anarchistes, par naiveté ou faiblesse, croient que l’autorité de la « Gauche progressiste » va créer des opportunités pour la radicalisation au sein du système, alors que d’autres opportunistes se présentant comme les plus « consistents » du milieu se métamorphosent en communistes et assument le rôle de l’opposition d’ultra-Gauche, quoique toujours à l’intérieur des frontières de la légalité et de l’activisme symbolique. En quelques mots, la prévalence d’un gouvernement de Gauche cause plus d’engourdissement dans le milieu anarchiste que la part conservatrice de l’autorité.

Malgré tout, pour être consistents avec l’histoire, l’engourdissement du milieu anarchiste n’a pas commencé en Grèce avec l’arrivée de l’autorité de Gauche. Aussitôt qu’en septembre 2009, alors qu’une opération de répression anti-terroriste est lancée contre la Conspiration des Cellules de Feu, une partie du milieu commence à idéologiser ses peurs et à se distancer des pratiques insurrectionnelles. Surtout depuis 2012 et au-delà, il y a eu les premiers signes de la tendance de la Communisation au sein des cercles anarchistes, se présentant elle-même comme une expression de la maturation politique de l’anarchie.

En fait aujourd’hui, plusieurs des communistes nouvellement emblasonnés se sont donné des libertés avec cette pratique, en dénonçant la pratique anarchite d’attaques clandestines comme étant un comportement d’immaturité politique et de tête de linotte pubère ne faisant que provoquer la répression du mouvement anarchiste. Ce n’est pas par coincidence que, dans les assemblées ouvertes, une tribune a été trouvée pour ces mentalités qui réprouvent directement et aussi menacent tous-tes ceuxelles qui s’écartent de la « position centrale » du mouvement et promeuvent des pratiques insurrectionelles qui s’expriment dans l’ici-et-maintenant… Il y a assurément des faiblesses et des erreurs dans le vortex des événements de l’insurrection. Cela, cependant, met au devant le pari de leur excroissance à travers l’évolution de l’auto-organisation et le danger qu’on représente dans la lutte contre l’autorité, et ça ne doit pas déclencher les tentatives pour imposer des articles d’association communiste définissant les frontières permises du mouvement. À part de cela, cette « immaturité de l’adolescence éternelle des anarchistes » est de loin meilleure au vieillissement précoce et la mise en conservation des néo-communistes.

Et c’est de ce point qu’on rejoint le présent. Évidemment, l’histoire n’attend jamais après personne. Pendant que le milieu anarchiste se jette dans son propre piège sombre et profond de son introversion et ses politicailleries intestines, la machine capitaliste utilise la Grèce comme son laboratoire. La strangulation économique déchaînée par l’empire de l’Union Européenne déclenche la polarisation sociale et ses réactions. L’existence d’un gouvernement de Gauche épaissit le brouillard de la confusion, alors qu’il commericalise encore l’espoir d’un changement social. Des rassemblements pro-gouvernement massifs sont organisés auxquels une diversité de gens et de perspectives participent, de voteurs électoraux, de syndicalistes et d’Indigné-es, de patriotes de l’extrème-Gauche comme d’anarchistes. Bien au contraire, un front conservateur de gens pro-UE c’est formé avec comme slogan central « On reste en Europe ». Un front paternisé par les défenseurs de la bourgeoisie, supporté par les propriétaires des médias, exprimé à travers leurs journalistes et formées par des droitistes, des voteurs conservateurs, des spectateurs effrayés, des carriéristes et des caricatures des médias sociaux. Un champ confus de contradictions domine dans tous les cas. Néanmoins, une part (surtout les néo-communistes) du milieu anarchiste se tâche à faire une lecture différente de la réalité. Que ce soit dû à une inaptitude à se munir d’une perception politique ou bien par expédience politique, cette partie fait usage d’une rhétorique ne correspondant pas aux faits. Certains d’entre eux sortent du coffre de la mémoire des terminologie et caractérisations e la Deuxième guerre mondiale et de la Guerre civile Grecque… Ils tentent de faire des comparisons historiques absurdes entre le passé et le présent, dans des contextes dissimilaires. Additionellement, ils sont les mêmes gens essayant de monter un pont politique connectant les événements de la place Maidan en Ukraine avec les rassemblements de la place Syntagma. Or, selon eux, la petite bourgeoisie conservatrice, les électeurs aux langues lessivées de Potam I et les spectateurs de « On reste en Europe » sont les descendants des paramilitaires Grecs collaborateurs des Nazis durant la Deuxième guerre tout comme la version Grecque du Secteur de Droite…

On parle ici de la même foule de gens qui ont applaudi, comme principaix orateurs de leurs rassemblements, des vedettes de la télé, des intellectuels accros aux apparences télé et des champions olympiques du obsolets. On parle de cette même foule de huit à dix milles qui, dans le contexte du pluralisme démocratique, a co-existé avec la contre-manif de 200 communistes qu se sont rassemblé à seulement quelques mètres d’eux et ne se sont contentés que de crier et lancer deux cobelets de cafés. En se basant sur cette rhétorique comparative, tout le monde peut s’imaginer ce qui aurait pu arriver si ces huit à dix milles auraient vraiment été une version Grecque du Secteur de Droite faisant face à deux cents (néo-)communistes.

Si ce n’est pas, alors, une inaptitude à l’analyse politique, donc le recours à des termes portant une intensité émotive et à des comparaisons respectives (les événements de la Guerre civile, ceux d’Ukraine) ne sont pas que de la politicaillerie mais aussi un irrespect et une dégradation de la mémoire des gens qui sont tombés durant ces événements du passé. Même si cette pratique de « si la réalité est en désaccord avec nous, au diable la réalité », cette sorte de manipulation opportuniste de l’esprit provoque l’aversion. En même temps, une autre part des anarcho-(néo)communistes se tâchent à une lecture superficielle et naïve des rassemblements pro-EU à Syntagma. Ils font des références à la « parternité de la bourgeoisie » dans Syntagma, aux « habitués de Kolonaki », aux « dames de Ekali ». Ça tente, de cette façon, de se tisser pour leurs prorpes intérêts le costume des défendants « des pauvres » et tente d’intervenir dans les rassemblements pro-UE de la sorte. Cependant, les propriétaires de la richesse et l’aristocracie de Kolonaki et Ekali ne se rassembleraient jamais sur les rues et les palces. Ils utilisent d’autres formes de mécanismes pour protéger leurs intérêts (les médias, les mercenaires armés…). Ils ne se saliraient jamais les mains, ne se mêleraient jamais non plus à leurs supporteurs soumis-es. Nous l’avons plus tôt; la majorité des Européanistes de Syntagma est la chair de la chair de la petite bourgeoise, les basses classes comme leurs caricatures et carriéristes des médias… Ils piurraient, donc, ne pas être des « Mpourantades » modernes ou bien les paramilitaires du Secteur de Droite. Ils pourraient, cependant, réagir avec violence lorsque trente personnes tentent d’intervenir pour subvertir leurs rasemblements, de huit milles… Les résultats sont connus, alors que le groupe responsable de l’intervention ont été traités avec hostilité, certains ont été battus par la violence d’une foule stupide et, à la fin, arrêtés par des flics. Bien entendu, le problème ne consiste pas en une « défaite » opérationnelle, mais dans le tir manqué découlant de cette perception elle-même, qui est s’est attendu à confronter le rassemblement cosmopolitain de l’aristocratie de Ekali et se sont retrouvé à faire face plutôt à la foule de gens soumis-es.

Notre proposition concernant ces événements est claire.

Le premier choix est de tourner le dos à ce cirque de contradictions et d’organiser nos propes structures politiques autonomes, cherchant à renverser la polarisation basée sur des pseudo-dilemnes puis la reconstruire sur la base d’une véritable rupture, entre la liberté et la soumission, la dignité et l’esclavage, l’insurrection anarchiste et la mort sociale.

L’autre choix est de s’impliquer dans l’archipel des contradictions, en maintenant affûtées, cependant, nos caractéristiques politiques, pour dissoudre ces contradictins à travers des actes clairs, aggressifs dans le but de faire diverger la polarisation vers une rupture. À l’intérieur de ce choix, il n’y a pas de place pour des contre-manifs pacifistes à l’encontre de appels de l’opposition de Droite, ce qui dans le contexte du pluralisme de la démocratie peut être assimilé et présenté comme des « présences non-gouvernementales de sympathie et de support ». Il n’y a pas de place non plus pour les interventions symboliques qui cherchent à avoir leur quinze minutes de publicité tout en demeurant exposées à l’aggressivité d’une foule conservatrice. Tu rejettes le bruyant mais inoffensif symbolisme et tu attaques en premier, visant spécifiquement les représentants et exponents centraux au spectrum conservateur de l’autorité. Assauts armés, incendies, sabotages, attaques contre les médias, lynchaes de journalistes et politiciens, accompagniés par un discours clairement anarchiste exacerbent l’atmosphère et grâce à leur caractère illégal et violent, ne peuvent être assimilés par la rhétorique gauchiste de l’autorité (pseudo-) réformiste.

Hélas, mis à part pour quelques exceptions, on a eu une inaction assourdissante de la part des anarchistes. Certain-es sont se sont laissé embobiner par la dynamique gauchiste de l’autorité et certain-es autres ont été submergé-es dans le silence et la critique dans la sécurité. Une opportunité a été perdue.

iii) L’amnésie anarchiste et les dépressants du réalisme politique

Et ainsi, on se retrouve avec le rituel du référendum. Une propagande répugnante de la part des journalistes a précédé le référendum, en faveur de l’empire de l’Union Européenne, qui, comme on l’a vu, a produit le résultat inverse.
Les exagérations et positions provocantes dont des laquais du mensonge ont fait usage, a irrité les derniers vestiges de raisonnement d’une part de la société, les amenant à nier, du moins temporairement, la propagande de peur. Les résultats de ce référendum, par une victoire triomphante du « Non », fait mal au prestige de l’Union Européene et ses loyaux serviteurs. En même temps, malgré cela, le référendum rend la frustration plus épaisse. D’une côté, en votant « Non », la délégation de l’espoir en le gouvernement de Gauche -qui a maintenant, du moins, fait preuve de lâcheté, timide et démotivé à jouer le rôle du « sauveur du peuple », alors qu’en fait il plie à la dynastie de l’oligrarchie Européene et signes un nouveau traité d’esclavage (le troisième mémorandum)- se renouvelle. D’un autre côté, le milieu anarchiste s’est vu rapetissé par lui-même. Une part de ce milieu, tendant vers la rationalité du réalisme politique et la maturation de l’anarchie, répands ouvertement la propagande en faveur de la participation au référendum, en faveur du « Non »… Une autre part, plus consistente avec l’anarchisme classique, reste claire et appelle pour une abstention consciente.

La victoire massive du « Non » injecte, à prime abord, de l’enthousiasme parmi les anarchistes qui ont voté, exultant le beau rêve d’un éveil social massif. Mais quiconque s’endort sur son espoir, pourrait bientôt s’éveiller de cauchemars. Les derniers développements (le vote sur un troisième projet de loi qui ne fut pas suivi de tensions sociales, excepté pour des attaques du black bloc de la partie confrontationnelle du milieu anarchiste) donne à leurs cris pour une « riposte de classe » le son d’échos dans le vide. La prévalence du « Non » après le référendum est définitement encombrante pour le pouvoir technocratique, perturbe l’oligarchie conservatrice et déstabilise la force de la propagande médiatique. En même temps, cependant, la procédure du référendum ratifie une cause pour une délégation de nos vies à des « sauveurs ».

Nous sentons qu’il y a un besoin de l’épeler encore, du tout commencement, l’alphabet anarchiste dans le but de démêler la confusion de notre temps.

Le vote, peu importe de quoi il s’agit, prend le pouvoir du choix de reprendre nos vies en mains et le transfert dans les mains des gestionnaires du « salut », de « l’espoir », d’une « meilleur avenir »… La participation dans n’importe lequel processus électoral est un acte d’abdication, une motion de résignation, une voeu d’espoir envers des gens loins de nous, qui vont prendre les décisions à notre place.

Or il semble que la foule soit à la recherche d’idoles, de sauveurs, de chefs… Mais alors que l’électeur cherche à se réjouir, à se fanatiser, à se sentir sécure au sein du troupeau des serviteurs, ils s’écartent toujours plus de leur salut. C’est comme le Chrétien qui a la Foi priant à son Dieu. Durant les oraisons, il n’y a jamais de réplique et le rituel exige d’avoir ses congrégants sur leurs genoux… L’espoir pour un meilleur avenir, pour un pouvoir plus « équitable », soumet les gens à la servitude, les empoisonnant avec de belles promesses et les garde encrés à l’inertie de l’inaction et les attentes sempiternelles.

Il n’y a pas de liberté dans ce monde, à l’exception de celle qu’on crée de nos mains. Les anarchistes qui ont publiquement soutenu la participation au référendum, ont en fait reconnu leur faiblesse de ne pas pas pouvoir croire au rêve de l’anarchie. Leur rhétorique de réalisme politique, qui tords et empoisonnes l’évasion et la transcendance de l’anarchie, se révèle être le résultat de capitulations et de compromis personnels d’une part des anarchistes, qui atteignent une vie d’adulte et idéologisent leurs défaites, alors qu’ils ont oublié de rêver à l’impossible. Loin des excuses bidon et des tactiques pauvres, le vote des anarchistes est un résultat d’une faiblesse commune à créer un mouvement anarchiste conflictuel organisé, faisant la promotion de l’attaque dans l’ici et maintenant. Surtout aujourd’hui, en Grèce, les anarchistes parlent plus de comment ils aimeraient vivre, plutôt que de seulement vivre…

La part d’anarchistes qui ont refusé à participer au spectacle du référendum demeurent, pour sûr, plus consistent-es par rapport à l’histoire anarchiste. Assez d’entre euxelles, malgré cela, semble s’inquiéter de la possibilité que leur abstention les banisse dans les franges des développement politiques. Il est vrai que le milieu anarchiste d’aujourd’hui n’a rien à voir avec la frange de la sous-culture anarchiste des années ’80. C’est, d’un côté, propulsif quand on parle de l’amélioration qualitative de la théorie pratique et le développement d’une guérilla anarchiste qu’il y a eu depuis lors. D’un autre côté c’est triste, néanmoins, quand on voit le rêve de l’anarchie se replier au nom du pathétique compromis avec le réalisme politique. Une grande partie du milieu anarchiste désire s’auto-promouvoir comme un acteur politique officiel et transpire d’anxiété à l’idée de présenter des propositions convainquantes et des propositions rationelles pour sauver le monde. C’est indicatif que la plupart des textes anarchistes diffusés, qui appellent à l’abstention au référendum, étaient truffés de perspective économique. Des suggestions pour surmonter la crise économique, pour se sortir de la dette, pour la reconstruction de la production, pour la monnaie… Des antidotes financiers et terminologies que d’autres magasineraient sur les étagères idéologiques de la Gauche sont maintenant publicisées avec des étiquettes anarchistes. Le piège du réalisme politique souhaites qu’on oublie le rêve anarchiste et devenions captivé-es par a langue de bois, mettant nos vies aux soins d’un horaire et d’étapes graduées d’un développement et d’un « progrès ».

De la sorte, les anarchistes « matures » s’attendent que les pensées anarchistes nettoyées offrant un programme planifié pour une vie future, vont devenir plus accepté-es par la société. C’est partiellement vrai, alors que les foules sont disposées à se laisser attrapper dans les solutions toutes faites, des propositions de salut planifié à l’avance et des garanties sécures. Le troupeau de la masse bêle toujours à son berger: « Dis-nous où on s’en va », « Montre-nous le chemin », « Dirige-nous »… 

Mais aucun mouton ne s’est jamais sauvé en bêlant.

La vie n’offre pas de garanties; il n’y a que ses défis attendant que vous les affrontiez. Ce n’est pas nécessaire de suivren les pas de mécaniques de pouvoir pour suggérer nos propres solutions « révolutionnaires ». La contre-proposition anarchiste du réalisme politique prend inconsciemment part à un dialogue dont les conditions ont déjà été mises en place par le pouvoir. Or, plutôt que de tenter d’inverser les termes de la finance et mettre de l’avant des solutions révolutionnaires d’un modèle radical de gestion de l’économie et de production, mettons fin en permanence à ce « dialogue », en travaillant sur un plan de total démantèlement et destruction de l’économie. De toute façon, chaque suggestion des disciples du réalisme politique sont condamnées à échouer.

D’un côté, la foule de consommateurs d’espor vont se satisfaire avec leurs ressources communautaires (cliniques sociales, cuisines collectives, bazars gratutis, etc) qui élèvent leur pauvreté d’un cheveu, cependant, dans les moments de décision critiques, vont toujours choisir de se rallier à leurs sauveurs professionnels, partis et politiciens… Et ce n’est pas parce qu’on prédit l’avenir, mais parce que la rationalité du réalisme politique, plutôt que de connecter avec les rêve anarchiste et son actualisation armée, fonctionne comme un beaume et un palliatif pour les gens « faibles ». Ils ne vont pas le secouer, ne vont pas faire sauter son attitude, ils ne font que la guérir et la flatter, la considérant « éternellement dépossédée ». C’est pourquoi les « éternellement dépossédé-es » agissent encore comme un clan et ont confiance en leurs médecins professionnels et pas en des thérapies alternatives.

D’un autre point-de-vue, presque chaque suggestion de réalisme politique semble ignorer la dimension internationale de la perspective anarchiste. Ellils (les représentant-es du réalisme politique) travaillent sur des programmes d’économie alternative (la socialisation de la production sans intermédiaires, le transport gratuit) comme si c’était pour être appliqué dans une zone « libre », au sein d’un empire autoritaire.

C’est un fait que tout tentative de libération qui se restreint aux barrières géographiques d’un pays est condamnée à être soumise aux attaques d’une alliance internationale du pouvoir. Mais chaque aventure insurrectionelle, chaque conspiration anarchiste inclue un caractère de diffusion internationale, cherchant à se répandre comme un virus qui affectera tous les aspects du pouvoir. Le caractère ethnocentrique enchaîne notre pensée et la garde clouée à un niveau d’opposition gentille qui met de l’avant sa propre solution de « salut national ». Combiné avec la rationalité du réalisme politique, la soumission est uniquement décrite comme une condition physique étroite, limitée à une sphère économique. Mais l’anarchie n’est pas la rectification vers une gestion économique « équitable »; plutôt, c’est une forme de vie complète qui casse les idoles de toutes formes de soumission et tend vers un regard plus clair et libre.

iv) La variable chaotique – un plan sans filet de secours

Les gens sont plus habitués à demander ou attendre pour des solutions fixes, plutôt que de chercher pour des réponses à l’intérieur d’euxelles-mêmes. Dans le marché de l’idéologie radicale, les solutions les plus populaires sont celles qui amadouent les masses en leur offrant une berceuse mélodique de vérités commodes. Des recettes figées pour sauver le monde, où le “bien” triomphe du “mal”… Communément, dans la plupart des idéologies, tout le monde attend un moment magique quand les gens vont se joindre aux rebelles, vont avancer sur le palais royale et mettre terme à la dynastie de l’injustice, bâtissant le paradis terrestre de la justice sociale.

Mais la vie n’est pas une narration sans coutures apparentes. Le choses arrivent souvent comme résultat de plusieurs possibles se rencontrant. La fable des rigueurs imposées par ceuxelles qui se révoltent, qui ripostent aux riches et redressent la justice et l’équité à jamais, ça pourrait encourager certain-es mais ça ne sera pas une menace pour le pouvoir.

On cherche à approfondir notre esprit, le libérer des vérités commodes, le tester sur les chemins plus factuels, osant regarder au fond de nous-mêmes dans le but d’enterrer, tout autant, à côté des tombes ouvertes de nos despotes -que nous allons assassiner- les vestigers autoritaires de nos propres êtres.

On veut mettre ça au clair…

On a pas de suggestions à faire aux consommateurices cherchant l’espoir. On a pas de réponses aux questions cherchant des garanties. On ne connaît pas non plus l’avenir, non plus qu’on peut le décrir dans la façon envoûtante que les publicistes utilisent pour vendre leur marchandise.

Mais on sait, pour sûr, qu’on veut faire sauter la façon de vivre moderne, la casser­. Il y a pas besoin de savoir ce qui arrivera demain pour détruire un aujourd’hui qui vous fait saigner. Un aujourd’hui dépourvu de substance qui nous étrangle financièrement et nous fait s’agenouiller à une banque, des compagnies multinationales, les maîtres et tout le chantage de leur empire de la richesse. Un présent où le monde civilisé tourne des pays en entier en fosses communes (Irak, Afghanistan, Syria, etc). Un système qui nous écrase au quotidien, contrôle nos pensées et nos désirs à travers des écrans… nous tourne en usager-ères d’une technocratie numérique massive… nous enseigne comment être des esclaves heureux-ses… nous apprivoise pour qu’on admire nos maîtres et veule être comme eux… nous entraîne à la haine de ce qui est différent.. nous laisse nous croire libres parce qu’on peut voter et consommer… détruit la nature, nous convainquant que c’est la voir du progrès de la civilisation… et que nous, comme des Sisyphes souriant-es, continuons de porter le roc de notre esclavage en pensant que “c’est la vie”.

On vit dans une ère qu’on déteste, et sait que la vie est une séquence de bataille et pas une équation comptable demandant des comptables pour fournir une solution. On est pas des politicien-nes professionnel-les promettant un remède social. La liberté ne demande pas de prescription; elle est conquise jour après jour, en en faisant une expérience. C’est dans ces moments qu’on trouve des voies auxquelles on avait pas pensé jusqu’à présent.

On sait que pour plusieurs, toutes ces choses sonnent comme de la trascendance poétique irresponsables et soustrayante, qui ne récoltent aucune réponse de la vie réelle. Rappelons-nous, par contre, que le présent est né des monstres de la logiquie et des labos scientifiques. Or laissons tout le monde considérer où sont les galimatias, soit dans la logique froide et les excès oniriques…

De toute façon, on doit accepter quelque chose… L’anarchie noire ne sera jamais accessible pour la masse. On choisit de mesurer nos vies en termes de sentiments et des couleurs, pas en termes d’années. Le chemin est torteux pour quiconque a choisi de vivre la voie cynique des compromis “réalistes ». Nous avons déjà des millirs de questions sans réponse sur comment on voit l’avenir… C’est un fait que nous ne savons pas comment un avenir de liberté sera. C’est pour cela qu’il sera libre. Parce qu’il sera plein de possiblités, questions et doutes. À côté de ça, quiconque cherche des réponses sûres va bientôt demander l’expertise en sécurité et le pouvoir d’un ministère. On garde les réponses…

Bien-sûr, on est pas intéressé-es à se perdre dans les cogitations transcendentales puis brûler nos quêtes existentielles, dans oser faire l’impossible.

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"Exigeons l'impossible"? Fais-le!

C’est pour ça qu’on a besoin d’organiser un plan. La lutte de guérilla urbaine anarchiste est capable de transférer l’anarchie des pages poussiéreuses de la théorie abstraite, vers l’action, vers la création d’événements subversifs. C’est notre propre bras-de-fer avec l’histoire.

Aujourd’hui, l’empire du pouvoir est sous le choc de ses impasses financières, ses rivalités internes, les zones de guerres des territoires arabes… On ne veut pas diriger l’instabilité du système vers du programme salvateur, comme la Gauche le promet. Les nostrums sociaux sont morts. On veut, plutôt, s’acculer aux contradictions des archipels du social et les tourner en variables de chaos. Un facteur de déstabilisation systémique, aux aspects imprévisibles. On désire,
à travers notre action, attaques armées, exécutions, bombes, incendies, sabotages; répandre le désordre et court-circuiter le système. Coups de feu, fragments d’explosions, cocktails Molotovs qui illuminent les ciel de leurs cibles, pas seulement pour frapper l’ennemi, mais aussi pour perturber le sommeil tranquille des certitudes de la société.

Il y a aujourd’hui une entente silencieuse que le monde de change pas, que tout se fait en vain. L’organisation d’un bloc de l’anarchie noire cherche à briser cette entente. La déstabilisation que l’on peut réaliser à travers des attaques de guérilla et l’action totalement anarchiste crée des brèches dans le système. De pas ces brèches, les négations contre ce monde peuvent naître. Alors que le système a besoin de remettre ses interrupteurs en marche, après une attaque, cela produit des moments de temps non-figé, où quelqu’un-e peut penser libre sans clignotants et voir que ce qui n’est pas arrivé est ce qu’ilelle n’a pas cherché assez. Sur cette base d’organisation, on suggère la formation de petites cellules versatiles d’action directe, qui cartographient la métrolopole, font des plans, choisissent les cibles et les attaquent.

La communication de ces attaques à travers des déclarations fonctionne comme un appel à l’action pour quiconque est intéressé-e, et en même temps, comme une invitation pour d’autres cellules à se joindre à une plus vaste coordination d’attaques. La FAI (Fédération Anarchiste Informelle) est basée sur ce modèle d’organisation, exactement. Pas de chefs, ni de comités centraux, ni d’attente éternelle pour l’alarme de la masse, ni l’anticipatino de circonstances favorables. On prend la vie dans nos mais.

On sait que quelqu’un-e se demandera: “à quoi tout ça va vous rapporter?”, “comment allez-vous convaincre les masses à se révolter?”… La meilleure réponse a été donnée il y a un siècle, par Renzo Novatore:

Vous attendez la révolution? Très bien!
La mienne a déjà commencé il y a longtemps!
Quand vous serez prêt-es -mon Dieu, quelle attente sans fin!- ça ne me donnera pas la nausée de marché un bout sur la route avec vous!
Mais quand vous vous arrêterez, je continuerai sur ma marche folle et triomphante vers la grande et sublime conquête du Néant!

– Conspiration des Cellulles de Feu – CCF/FAI

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