Appel à des actions de solidarité pour les anarchistes Boliviens

Désenfermement

Une autre fois la nuit, un jour de plus à souffrir,
à converser avec moi-même, je retourne une fois de plus de la maison de la “justice”.
J’ai juste réussi à voir à travers la vitre fumée.
Voir les rues, les gens qui se réduisent à un code de plastique.
Un certain endroit me rappelle quelqu’un,
me rappelle mes compagnon-ne-s,
me rappelle qui je suis, dans quel but je vis, pourquoi je vis.

Je ne m’accroche pas à la vie, parce que s’accrocher à elle
ne fait que t’apporter la peur d’arrêter de vivre.
Je m’accroche à la liberté, à la liberté de pouvoir rugir,
de pouvoir rugir dans une forêt de ciment.
Parfois la haine m’envahit, et je m’endors dans la haine.
Lorsque je me réveille je sais que l’amour est l’amalgame avec la haine
qui me fait respirer profondément pour continuer de vivre.

Je ressens dans l’enfermement la haine collective contre la société,
la haine de la prison, de l’isolement.
C’est digne d’éloigner son regard du sol,
et c’est mieux de le diriger sur l’ennemi,
sur cet ennemi qui me tient prisonnier de sa cupidité,
l’ennemi qui fait des ravages avec la terre,
qui détruit les formes libres de vivre.

L’ennemi qui enferme, qui punit, qui mutile,
qui t’infecte de désespoir avec son cancer de Pouvoir
qui mute d’organe en organe.
Nous sommes ses anticorps, nous avons développé l’immunité
devant leur insalubre peste humaine.
Nous sommes la lutte sans frontière ni distance,
la colère du bouillonnement de notre sang.

Nous allumons la lumière de la nuit.
L’obscurité et la lumière sont complices des pas,
nous sommes la bataille sans repos,
une métastase de cellules qui sont partout,
c’est mieux de mourir en se battant que de mourir sans l’avoir tenté,
c’est mieux d’être libre même en étant enfermé.

Aujourd’hui je me rêve encore une fois, différent d’hier,
avec la certitude de ne pas avoir perdu, de ne pas m’être laissé abattre.
Demain sera différent de ce jour,
ma rage ne sera pas différente, ni celle de demain.
La force viendra de ceux qui ont la rage avec moi.
Elle arrivera en traversant les murs et les distances
et donc je rugirai une fois de plus sous la lune.

Je grifferai le sol de ciment
comme si il était de boue et d’herbe
jusqu’à ce que mes griffes saignent.
je me fondrai dans les colonnes
je respirerai l’air rempli de crasse au lieu du brouillard.
Les taches sur mon corps me disent qui je suis.

Une fois que je ferme les paupières
je me transporte au paradis onirique
où le silence des vents
est comme le baiser d’un-e compagnon-ne.
Un jour de plus à ne pas me voir vaincu
un jour à rêver sans arrêter d’être celui que je suis
un jour de plus à être prêt à me lever demain.

Henry.
Prison de San Pedro, La Paz pluvieuse

Publié sur Contrainfo

Jour de solidarité internationale pour les défendants du 29 mai

Le 29 Mai 2012, 13 personnes furent arrêtées par la police à La Paz, Bolivie. Elle étaient toutes liées à une participation anarchiste dans la défense de TIPNIS, un territoire indigène et parc national. Les 13 furrent accusés d’avoir commis une série d’attaques incendiaires, explosives et de sabotages revendiqués par la Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International (FAI-FRI). Les actions, qui se sont produites de septembre 2011 à mai 2012, ont ciblé des édifices gouvernementaux, de banques, des compagnies automobiles, restos fast food, des supermarchés et des industries animalières. Certaines des attaques ont été revendiquées en solidarité avec la lutte pour défendre TIPNIS, d’autres en solidarité avec des camarades faisant face à la répression au Chili, et d’autres en support à la libération animale.

Confrontés à de longues peines d’emprisonnement pour des charges de terrorisme et de tentative de meurtre, cinq personnes ont décidé de dénoncer les autres pour sauver leur peau. Les délateurs se sont fait récompenser avec des libérations complètes ou provisoires. D’autres détenus ont été relâchés dû au manque de preuves de leur lien dans l’affaire. Seulement un détenu a refusé de déclarer quoi que ce soit à la police. Deux anarchistes demeurent emprisonnés, en l’attente d’un procès. Selon la loi bolivienne, ils pourraient attendre pour aussi longtemps que trois ans.

Le gouvernement gauchiste de Evo Morales a l’intention de poursuivre les mêmes développements capitalistes que ses prédécesseurs, et même à une plus grande échelle. Dans ce cas-ci, il est question de construire une route “biocéanique” à travers la forêt pluviale, qui détruira des territoires indigènes sur le chemin. Durant l’été 2011, le gouvernement a réprimé la 8ième marche autochtone en défense de TIPNIS avec du tabassage et des arrestations. Maintenant ils en sont à illustrer le sabotage enflammée des anarchistes comme du “terrorisme”.

Ceci est un des premiers recours aux lois antiterrorises par l’État Bolivarien, et comme ailleurs, c’est utilisé en tant qu’outil de répression politique. La seule évidence que le gouvernement a est la parole de délateurs (dont ceux associés à l’Organisation Anarchiste pour la Révolution Sociale), de la littérature anarchiste, et le fait que les arrêté-e-s ont pris part aux manifs en solidarité avec le TIPNIS. Les poursuites judiciaire du gouvernement sont aussi fondées sur de la xénophobie, utilisant les liens avec des étrangers comme preuve de mauvais agissements.

Ce 29 mai, un an aura passé depuis les arrestations. Nous appelons pour un jour de solidarité internationale pour montrer au gouvernement de Bolivie, comme tous les autres gouvernements, que nous n’oublions pas. Nos actions doivent montrer notre détermination à gagner la libération immédiate de nos deux camarades encore en prison, l’absolution pour tous ceux-celles faisant face à des accusations, et la fin du projet d’autoroute. Nous allons continuer de lutter tant et aussi longtemps que des gens sont derrière les barreaux.
Absolution for les défendants du 29 mai! Pas d’autoroutes à travers TIPNIS!

Liberté pour tous les prisonniers!

May 29, 2013 – Day of International Solidarity with Anarchists Facing Repression in Bolivia

On May 29, 2012, 13 people were arrested by police in La Paz, Bolivia.
All of them were connected to anarchist participation in the defense of TIPNIS, an indigenous territory and national park. The 13 were accused of a series of arsons, bombings, and sabotage claimed by the Informal Anarchist Federation-International Revolutionary Front (FAI-FRI). The actions, occurring from September 2011 to May 2012, targeted government buildings, banks, car companies, fast food restaurants, supermarkets, and animal industries. Some of the attacks were claimed in solidarity with the struggle to defend TIPNIS, others in solidarity with comrades facing repression in Chile, others in support of animal liberation.

Faced with lengthy prison sentences for the charges of Terrorism and Attempted Murder, five people decided to snitch on others to save their skin. The snitches were rewarded with release or house arrest. Other detainees were released due to lack of connection with the case. Only one detainee refused to give a statement to the police. Two anarchists remain in prison, awaiting trial. According to Bolivian law, they may wait as long as three years.

The leftwing government of Evo Morales is intent on continuing the same capitalist development projects of its predecessor, often on a greater scale. In this case, they are building a bioceanic highway through the rainforest, destroying indigenous territory in the process. In the fall of 2011, the government repressed the 8th Indigenous March in defense of TIPNIS with beatings and arrests. Now they are trying to portray the fiery sabotage of the anarchists as “terrorism.”

This is one of the first usage of antiterrorist laws by the Bolivian state, and as elsewhere, it is being used as a tool for political repression. The only evidence the government has are the words of snitches, anarchist literature, and the fact that those arrested participated in protests in solidarity with TIPNIS. The government prosecution has also been based in xenophobia, using connections with “foreigners” as proof of wrongdoing.

On May 29, one year will have passed since the arrests. We are calling for a day of international solidarity to show the Bolivian government, and all governments, that we do not forget. Our actions must show our determination to win the immediate release of the two comrades still in prison, absolution for all those facing charges, and an end to the highway. We will continue struggling as long as anyone is behind bars.

Absolution for the May 29 defendants! No highway through TIPNIS! Freedom for all prisoners!

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